Chapitre 6 – Partie 1 : Un petit goût de folie

A moitié las et excité, j’enlevais mon pantalon et le pliais. Je le déposais sur le bureau et pris le string sur le dessus de mon costume.

Un simple string noir en coton. Une ficelle et un cache sexe, rien de plus.

Mon cœur battait trop vite. Quelque chose me poussait à… je jetais un regard derrière moi. J’étais seul. Seul avec moi-même et ma curiosité. Je l’ouvris, désireux d’y trouver… une marque d’elle. De son envie pour moi. Encore fraiche, une large trace de mouille en son centre. J’approchais mon nez et je reniflais son odeur. Légèrement acide et je léchais le tout comme un pervers. Ce à quoi j’étais réduit dans cette pièce. A l’extérieur, quelque chose claqua et me fit sursauter.

J’ouvris le tiroir et balança le morceau de tissu, honteux de ma bassesse. En quatrième vitesse, je me changeais et je me retrouvais au couleur de l’hôtel. Tout de noir vêtu, je retournais aux vestiaires et déposais mes affaires dans mon casier, sans cadenas, avant de revenir devant le bureau de la gouvernante.

Juste à côté de l’ascenseur et d’un petit escalier, une porte qui menait à la cuisine. A l’intérieur, c’était l’effervescence. Des bruits de casseroles, d’assiettes et un silence étrange. J’avais toujours imaginé les cuisines de palace comme étant bruyantes. Et non, là, c’était le calme, chaque personne sachant pertinemment ce qu’elle devait faire. 

Puis, tout me revint. Moi, Diddier, bagagiste. En courant, je montais par ce petit escalier et au premier, une autre porte, juste en face de l’ascenseur. Bien mieux décorer qu’en dessous, je l’ouvris et me retrouvais dans l’un des couloirs de l’hôtel. A ma droite, une porte avec un numéro. Le un. Une chambre. J’étais dans l’hôtel. Ce n’était plus l’envers du décor, j’étais dans la réalité de l’hôtel. Je longeais le couloir et passa devant la porte avec un numéro deux. Puis, à ma gauche, le grand escalier de l’hôtel avec le bel ascenseur que j’avais emprunté. A ma droite, le petit escalier qui menait à l’entrée/sortie et surtout à la réception et à ma future tanière.

Franck n’était pas revenu. Je pris place devant la grande porte en fer forgé et remarquais des bagages à côté de la porte de la bagagerie. A la réception, il n’y avait pas un chat. A nouveau ce sentiment étrange de ne pas être à ma place.

La première question : que devais-je faire ? Je sortis pour trouver un semblant de réponse. Dehors, aussi, il n’y avait personne. J’étais livré à moi-même et je ne savais pas quoi faire.

              – Un taxi arrive pour la 45, m’avertit une voix derrière moi.

Je sursautais et me retournais. Une femme d’une quarantaine d’années bien passées me tendait un papier.

              – Le numéro du taxi, m’expliqua-t-elle. Didier, c’est ça ?

              – Avec deux D, c’est ça ! répondis-je, en lui prenant son morceau de papier.

Mutuellement, nous nous détaillâmes l’un l’autre. Brune, longue chevelure, ses lunettes en forme de papillon lui donnaient un air strict mais son sourire voulait dire tout autre chose. Sa veste bien trop petite lui comprimait sa chemise largement entrouverte sur une généreuse poitrine. Ce n’était pas un canon de beauté… et elle avait beaucoup de charme.

Et vu le petit rictus aux coins de ses lèvres, ce qu’elle voyait lui plaisait aussi.

              – Bien Diddier, le nouveau bagagiste. Je suis Madame Cotin, la cheffe de réception. Tout ce que tu fais, c’est à moi que tu dois rendre des comptes. S’il y a un écart, c’est moi qui prendrais les mesures nécessaires pour que tu files droit. C’est compris ?

              – Oui, madame. Je suis enchanté de faire votre connaissance.

              – De même, me dit-elle en ne me lâchant pas du regard.

              – Donc là, j’attends le taxi ?

              – Bravo, ironisa-t-elle.

Elle se retourna pour rentrer dans l’hôtel, roulant du cul. Elle se savait observer et elle en profitait. Elle jeta un coup d’œil en arrière pour voir l’effet.

              – Auriez-vous vu Franck, madame ? l’interpellais-je.

              – Il est dans la bagagerie avec la 45. Elle est toujours impatiente et n’aime pas attendre. Franck l’aide à passer le temps.

              – Passer le temps ?

La cheffe ricana et revint vers moi, dans une démarche féline. Son regard avait changé, il était chargé et prêt à m’exploser en pleine gueule. Malgré sa taille, elle en imposait. A quelques centimètres de mon visage et elle accrocha mes yeux pour ne plus les lâcher.

              – C’est tellement plaisant, les petits nouveaux. A croquer ! Madame Fournier a bon gout.

Elle se retourna, sa main caressa mon antre jambe avec un petit ricanement. Abasourdi par son cran, je restais planter là à zieuter la rue et le taxi.

Il arriva deux minutes plus tard et prit place juste devant l’hôtel, sur la place de parking. Le chauffeur ouvrit le coffre et attendit, comme il avait l’habitude de faire. Il me fallut quelques secondes pour comprendre que c’était à moi de jouer. C’était mon boulot.

En quatrième vitesse, j’entrais pour récupérer les valises et les déposer dans le taxi. Franck me devança et sortit avec les bagages en main.

              – Je m’en occupe. Une vieille connaissance, m’avertit-il en plaçant les valises dans le coffre.

Dans l’entrée, une femme rondouillette d’une cinquantaine d’année sortait de la bagagerie. Devant le miroir de l’entrée, elle se remit les cheveux en place, les joues gonflées et bien rouges. Les traits tirés et le maquillage bien trop appuyé, elle ressemblait à une riche d’un ancien temps. Passé par la case vieille France.

Franck revint, tenant la porte et interpella la cliente.

              – Madame, votre taxi est arrivé. Si vous voulez bien me suivre.

Elle acquiesça de la tête et me doubla en me détaillant, la bouche toujours close. Sur ses traces, j’observais le comportement adéquat d’un bagagiste. Franck tint la porte du taxi. La cliente s’arrêta, farfouilla dans son sac et en sortit un portefeuille. Elle y prit un billet et le tendit au bagagiste.

D’un geste adroit, il le prit et le déposa dans sa poche comme si de rien n’était, tout en faisant une courbette.

              – Au revoir madame. C’était un plaisir de vous accueillir parmi nous. A très vite !

Elle secoua de la tête à nouveau sans dire un mot puis, elle s’installa à l’arrière. Franck claqua la porte et donna l’adresse au chauffeur. La voiture fila sans un mot de plus.

              – Elle n’était pas très bavarde, me surpris-je à dire.

              – Toujours. Surtout quand elle quitte l’hôtel. Elle a ses petites traditions et il ne faut pas en déroger.

              – C’est une habituée ?

              – Oui, Madame Van de Putte. Elle porte bien son nom, tu le constateras bien vite.

J’acquiesçais et ouvris la bouche pour demander mais mon collègue me devança.

              – Madame aime bien le gout du sperme en bouche. Elle se gargarise avec pendant de longues minutes pour un petit souvenir. Et dans le taxi, elle avale et parle au chauffeur. Elle aime bien voir leur tête quand il réalise qu’elle avait la bouche pleine de foutre. Madame m’a avouée que le plus souvent, le chemin se passe extrêmement bien. Et des fois, elle recommence.

              – Elle recommence ?

              – Vraiment Diddier ? rigola-t-il. C’est une siphoneuse de queues. Elle en bouffe à toute heure, matin, midi et soir et des fois même en pleine nuit.

              – Ah… dis-je en devenant tout rouge.

Franck fouilla dans sa poche et en tira un billet de cinquante euros.

              – C’est tout ? s’étonna-t-il.

Il sortit un porte-monnaie de la poche de son pantalon et l’ouvrit. A l’intérieur, plusieurs billets de différentes couleurs se faisaient déjà la bataille. Il le fourra dedans et en sortit un billet de vingt et un de cinq.

              – La moitié pour toi ! me sourit-il.

              – Je n’ai rien fait !

              – Surement la prochaine fois ! Et c’est comme ça que ça fonctionne. Quand on est à plusieurs, on partage.

Il ronchonna encore avant de souffler et de rigoler.

              – J’aurai dû te dire de rentrer dans la bagagerie. Connaissant cette petite perverse, elle t’aurait montrée ses talents et on aurait eu largement plus.

              – Ah…

              – En tout cas, le costume te va bien ! Et avec Clara ? ça été ? Une autre salope aussi…

              – La gouvernante ? Je ne m’attendais pas à ça… même maintenant. Tout est nouveau, ici.

              – Tu t’y fera bien vite, ne t’inquiète pas, ricana-t-il. Méfie-toi avec elle. Une vraie de vraie quand il s’agit de cul. Elle pourrait te bouffer à toute heure.

              – Je prends note.

              – Tu aimes ça ?

              – Quoi donc ?

              – Le cul ?

Il rigola en me prenant par l’épaule m’amenant à l’hôtel. Il me tint la porte et me laissa entrer dans le hall.

              – Madame Fournier n’a pas choisi un mec au hasard, Diddier. Tu aimes ça, c’est sûr. Il faut juste te détendre et tu verras, c’est très plaisant. Une pipe de temps en temps. Une baise aussi. Et puis des fois, c’est surprenant.

              – Je commence à le comprendre, oui, souriais-je. J’ai cru que Madame Fournier m’avait draguée… c’est tout le contraire, en fait.

              – Alors, oui et non ! Rachel aime bien tester son charme… et voir si tu convenais. Nous avons une réputation à tenir. 

              – Tu es bavard ce matin, Franck ! intervint la cheffe de réception.

Le bagagiste se retourna avec un grand sourire et s’approcha du comptoir.

              – Il faut bien expliquer les ficelles du métier au jeunot. Qui est qui et tout le reste.

              – Et donc ? Puis-je entendre ton petit résumé sur moi ?

Franck explosa de rire et me fit signe de rejoindre l’échange avec notre patronne.

              – Diddier ! Je te présente Cathy. Sous ses airs de cheffe se cache une petite coquine qui a ses besoins de temps en temps.

              – Rien que ça ? ricana-t-elle. Des besoins ?

              – Tu vois Diddier, Cathy, elle n’est pas compliquée. Un petit cunni et des doigts et tu l’as dans la poche.

Ce fut à l’intéressée de rigoler en lui faisant un clin d’œil.

              – Tu me connais bien ! dit-elle en lui touchant le bras.

              – Je te pratique surtout depuis quinze ans surtout. Je sens encore ton odeur dans ma barbe, de ce matin.

              – Au lieu de raconter des bêtises, présente à Diddier les règles et le reste, d’accord ?

              – On verra la suite, tout à l’heure ?

              – Peut-être… ou Diddier qui sait !

Et elle s’enfuit dans le petit bureau attenant à la réception, juste derrière le comptoir. Franck claqua le dessus et se retourna.

              – Aller, suis-moi. Je vais te montrer un peu notre environnement de travail.

Il traversa l’entrée et s’arrêta devant la porte avec la plaque « Bagagerie » dessus.

              – Bien, comme tu l’as compris, derrière, c’est notre espace de stockage. Et bien d’autres choses…

Il se pencha pour prendre la poignée quand la porte s’ouvrit. Derrière, une femme d’une cinquantaine d’année en sortit, les bras chargés de magazines.

              – Françoise ! s’exclama Franck, en s’écartant. Je ne t’ai pas vu arriver.             

              – Arrête tes conneries ! Tu m’as vu quand je suis rentrée avec Van de Putte.  

Cheveux courts et blonds, le sourire à l’envers, elle le toisa du regard et força le passage.

              – Et c’est madame Chauvine, s’il te plait.

              – C’est toujours un plaisir de te voir aussi rayonnante.

La porte claqua et elle gagna la réception, tout en grognant. Elle déposa les magazines dessus avant de nous fusiller du regard. Franck lui envoya un baiser, hilare. Puis, il ouvrit la porte et me fit entrer. Juste en face, un petit escalier qui menait dans une sorte de cave. Juste à gauche, une porte ouverte. A l’intérieur, une planche de bois qui servait de bureau où une feuille et un stylo se battaient en duel. Au-dessus, une étagère avec une boite en carton. Une seule personne pouvait tenir dedans et encore, c’était serré.

              – C’est la concierge de l’hôtel, m’expliqua Franck. Elle connait tous les endroits où il faut être pour passer du bon temps… Il faut l’avouer, ça ne se voit pas trop.

              – Non, c’est clair, ricanais-je. Elle vous regardait ?

Franck ricana tout en acquiesçant.

              – Dans son genre, elle est la plus perverse. Une gouine qui adore notre petite Van de Putte. Elle veut le cacher mais tout se sait dans ce petit écrin. Je te déconseille de tenter le diable avec elle sinon, tu risques de te retrouver attacher, à la limite de la castration.

Je rigolais et vu le regard de Franck, il n’avait pas l’air de plaisanter. Ce n’était vraiment pas le genre de femmes avec qui j’aimerai trainer…encore moins baiser.

              – Sur cette feuille, tu trouveras la liste des chambres en départ aujourd’hui. Et derrière, la liste des arrivés. Je mets une croix devant quand un client arrive ou part.

Il prit le stylo et fit une croix à côté de la ligne de la chambre quarante-cinq.

              – Au-dessus, les d’étiquettes à bagage. Quand il n’y en a plus, il faut aller à l’économat.

Il en prit une et me la montra.

              – C’est assez simple. A côté du nom, tu mets le nom. A côté de la chambre, la chambre. Et à côté de la date…

              – La date ?

              – Exact. Tu percutes bien, se moqua-t-il. Des questions ?

              – Pour l’instant, non… Ah et ça ?

Accroché à un mur, un petit tableau où il y avait une succession de numéro et des lignes d’écriture. Il me poussa gentiment à l’extérieur de la petite pièce.

              – Les règles de l’hôtel. A apprendre par cœur. Mais tu auras tout le temps de regarder. Continuons la petite visite.

Franck descendit une dizaine de petites marches et tourna à droite. J’avais l’impression de me retrouver dans une cave et je devais me courber pour ne pas me prendre le plafond en pierre.

              – Ici, on stocke un peu de tout. Des valises, le plus souvent… surtout quand il y a du monde. Viens, on va aller au fond. Ce n’est pas bien grand mais tu t’habitueras bien vite. Crois-moi, ma tête s’en souvient.

Il rigola tout en progressant, vouté. A la fin du trou étroit, il s’arrêta.

              – Ces valises, ce sont pour un client qui vient souvent ici. On les garde pour lui. Normalement, on ne le fait pas… mais bon ! Il a certains passe droits.

              – Ah… d’accord.

              – Tu comprendras bien vite, que le client est roi. Et notre but est de le satisfaire. Surtout la satisfaire, ricana-t-il. Notre clientèle vient pour la réputation des lieux et de nos services. Notre devoir à tous est de faire en sorte qu’elle passe un agréable moment…

              – En se donnant corps et âme à notre tâche ?

              – Tu as tout compris !

              – Ce n’est pas de la prostitution ?

Franck rigola plus fort.

              – C’est vrai que ça y ressemble. Mais il n’y a aucun échange d’argent qui s’opère. Avec madame Van de Putte, elle ne m’a rien donnée juste après sa fellation. Elle a fait ça par plaisir et je n’ai pas refusé.

Dubitatif et pensif, je dodelinais de la tête.

              – Un problème ?

              – Et si je refuse ?

              – Vraiment ?

              – Je suis en couple et…

              – Je le suis… Cathy aussi. Tout le monde dans l’hôtel, Diddier. La question est de savoir si tu acceptes ton travail et jusqu’à quel point !

              – Je…

              –  Je parie qu’à ton entretien, Madame Fournier t’a « goutée » ?

Je baissais la tête et rougis, honteux à cette pensée.

              – Et l’as-tu dit à ta copine ?

              – Non parce que…

              – Arrête avec tes excuses. Tu as déjà cocu ta copine et tu as aimé. Si tu es là, c’est que tu en reveux. Rien que l’idée que Rachel s’occupe de toi à nouveau t’excite !

Je détournais la tête, déconfit. Franck m’avait démasqué en un rien de temps et m’avait mis le nez en plein dans ma merde. J’aurai dû me sentir coupable. Ce fut le contraire. Une certaine quiétude m’envahit face à la réalité de ma personne.

Je relevais la tête et il me souriait.

              – On est d’accord, alors, Diddier ?

J’acquiesçais et il ouvrit les portes d’un placard. A l’intérieur, c’était la caverne d’Ali Baba.

              – Ici, c’est notre petite réserve à nous et à la réception. Capotes, films porno et magazines de cul. Il y a même le fameux « Hole magazine ».

Il le prit et me le tendit.

              – Jettes-y un coup d’œil. Tous les mois, le magazine donne les bonnes adresses cul de Paris. J’ai pu tester certaines dans mon budget et je n’ai jamais été déçu.

Sur la couverture, un grand H et M et le titre du magazine en petit. Elle était sobre et élégantes avec des titres ambigus tel que « Lieu d’échange sur Paris : la bonne adresse de ce mois » ou encore « Quand la culture mélange sexe et partage : interview exclusif de Sérafina Romano »

Je le feuilletais et l’intérieur était moins glamour et plus rentre dedans sans être vulgaire.

              – Si tu empruntes un des DVD, préviens juste la réception. Tiens, celui-là est nouveau.

Franck prit un des DVD, « Avale-moi, si tu peux » et en lu le « résumé ». Tous par ordre alphabétique sur l’étagère, il y avait un large choix de films parmi la centaine.

              – Pas mal, murmura-t-il. Je te dirais.

Il me sourit et referma le placard. Il ouvrit les deux autres portes juste à côté.

              – Ici, faut vraiment gaffe. C’est LE placard à Françoise… et de la réception. Tout objet trouvé se retrouve ici. Et surtout, si les clients ont besoins de brosse à dent, rasoirs ou autres, il y a une petite réserve. On peut même fournir godemichets et faux vagins… ça c’est facturable !

Il me montra tout en me parlant, les divers sex-toys. 

              – Des questions ?

              – Les godes ont tous la même taille ?

              – Taille unique oui, dit-il en prenant un. Dix centimètres, je dirai. On se fournit chez des bonnes-sœurs comme le lubrifiant. Ne me dit pas comment, je ne connais pas l’histoire…. Si les clientes veulent plus, nous sommes là.

Il me fit un clin d’œil en me souriant. Puis, il rangea le jouet dans le placard avant de le refermer.

              – Et au pire du pire, il y a un sex-shop pas trop loin. On peut y aller aussi.

              – Ah oui… merci pour l’info.

              – Je t’en prie. Passons à…

              – La dix-neuf s’en va. Allez chercher les valises, tout de suite, tonna une voix venant de l’entrée de la bagagerie.

              – Avec grand plaisir Françoise ! Diddier s’en occupe !

La porte claqua et il me murmura.

              – Elle devrait se faire prendre ou lécher plus souvent, notre très chère concierge.

Je ricanais pendant que nous quittâmes les lieux. Devant l’entrée, Franck pointa du doigt une direction.

              – La dix-neuf, c’est très simple. Tu vas par-là, et tu prends le couloir à droite. Tu longes et tu vas passer le restaurant à gauche. Au bout, tu auras une porte sur ta gauche et un escalier juste en face. Tu montes et va au deuxième étage.

Mon collègue vit mon air sceptique sur mon visage et ricana.

              – C’est une partie plus récente de l’hôtel… sans ascenseur. Ça peut être galère mais dans mon souvenir, ils n’ont que deux petites valises.

              – Sacré mémoire !

              – ça viendra… et c’est facile. Madame et monsieur n’ont rien fait à l’hôtel à part ramener une pute du bois de boubou.

              – Ah oui, c’est vrai que tout se sait.

              – Exactement ! rigola-t-il en me poussant en avant. Tout va bien se passer, t’inquiète. 

Je suivis ses recommandations, la boule au ventre. Et si, je devais faire quelque chose ? Si je devais baiser madame ? Et si… je passais devant l’ascenseur, longeait le lobby et le restaurant. Malgré l’heure du petit-déjeuner, il n’y avait pas grand monde au buffet. Le maitre d’hôtel me vit et s’étonna avant de retourner au buffet.

Au bout, un tout petit escaliers en bois qui ne laissait pas beaucoup de place pour passer. Un coup d’œil au-dessus m’apprit qu’il n’y avait que deux étages. Sur la porte juste à gauche, un écriteau « Private » était placardé.

Pas le temps de réfléchir, je montais les marches quatre à quatre et arriva au premier. De part et d’autre, la chambre 7 et 8 d’un côté et 9 de l’autre. Je montais au deuxième et tomba sur l’unique chambre de l’étage : la dix-neuf.

Je m’approchais, leva ma main pour frapper et resta coït. C’étaient mes premiers clients. Ma première fois dans cet hôtel et j’avais une frousse de malade. J’allais frapper quand je remarquais que la porte l’était déjà. Je tournais la tête et vis qu’il y avait un petit passage qui menait au bâtiment principal. Les clients avaient dû surement prendre le passage pour aller à la réception sans m’attendre.

              – Bellboy ! dis-je doucement, en entrant dans la chambre, sur mes gardes.

Pas de réponse mais des petits gémissements s’élevaient au fond du petit couloir de la chambre. Aucune trace des valises. Plus j’avançais et plus les cris s’intensifiaient.

              – Tu vas me les vider avant de partir, très chère.

              – Oui, mon doux ! Libère toi !

Sur le lit, Monsieur en costard et chaussures, se tenait au-dessus de madame en levrette, robe sur les reins, petite culotte sur les chevilles. Sa large queue allait et venait dans le fourretout chevelu de la cliente et dégoulinait de mouille.

Prise comme une chienne, ses mamelles s’agitaient en tout sens, aux rythmes de coups de butoirs de son mari. Il donna un coup de rein puissant et resta au fond pendant quelques secondes. Madame s’écria plus lourdement et Monsieur se tourna légèrement, dans ma direction. Son embonpoint qui dépassait de sa chemise donnait un aspect encore plus salace de ce moment. Il claqua des doigts et me montra les valises au pied du lit. Comme Franck m’avait prévenu, ce n’était que des petites. Ils n’avaient pas besoin de moi…enfin, pas pour porter ces bagages.

              – Tu vas prendre ce que tu vas prendre, ma chérie.

              – Oui, mon doux.

En quatrième vitesse, je me saisis des valises, ses deux sexes s’emboitant l’un dans l’autre juste à quelques centimètres de mes yeux. La longue tige s’enfonçait bien droite dans ce torrent de mouille, qui coulait le long des cuisses de madame. Je frémis par ce spectacle plus réel qu’un film pour adultes.

Je m’enfuis et refermais la porte. Un long cri bestial déchira le silence du couloir.

Le souffle court, il me fallut une trentaine de secondes avant de me reprendre. En un instant, tout mon monde avait changé. Je descendais les marches difficilement, le barreau entre les jambes.

Au rez-de-chaussée, je pris une pause et souffla. Puis, une porte claqua à l’étage d’où je venais et des murmures joyeux. Les clients n’allaient pas tarder à partir et je devais arriver avant eux. Je retournais à mon poste, une valise à chaque main.

Je les déposais à côté du canapé de la réception et Franck hilare, me frappa gentiment le dos.

              – Tout va bien ?

J’acquiesçais difficilement et lui narra ma petite aventure. A peine eus je fini que Monsieur et madame sortirent de l’ascenseur.

              – Les clients réservés font souvent ce genre de choses, murmura-t-il, le sourire aux lèvres. Avec Christian, on se demande si ce n’est pas pour montrer qu’eux aussi sont coquins…

Le teint légèrement rouge, Madame clopinait. Monsieur tout content, la tenait par la taille et me jeta un regard lourd de sens. Il me fit un clin d’œil et s’arrêta à la réception. Cathy se tenait bien droite, la mine affable, le sourire « dentifrice ». 

              – Madame, Monsieur, avez-vous passé un bon séjour parmi nous ? demanda-t-elle, en prenant la carte de crédit.

              – Oui, c’était court mais intense. C’est avec plaisir que nous reviendrons chez vous ! répondit-il en passant sa main sur le postérieur de son épouse et le malaxant.

Franck me donna un coup de coude et pouffa devant ce cul qui se dévoilait petit à petit.

              – Voulez-vous qu’on vous appelle un taxi ? demanda la cheffe de réception, en redonnant la carte.

              – Volontiers ! Merci !

              – Je m’en occupe, intervint la concierge en prenant le téléphone.

              – J’aurai un petit service à vous demander pendant l’attente ! continua Monsieur. Peut-être pourriez-vous m’aider.

Il se pencha plus en avant vers la patronne qui en fit de même.

              – Je vous écoute, monsieur.

              – Voilà, ma femme est tout sale. Pourriez-vous la nettoyer ?

              – La nettoyer, monsieur ?

              – ça déborde de partout, ricana Madame.

Instinctivement, je jetais un regard à son entrejambe. C’était léger. Une goutte perlait sur la cuisse et faisait son chemin sur le sol.

              – Disons, que du sperme coule de sa chatte. Pouvez-vous faire quelque chose ?

              – Oh…oh… je vois ! Bien entendu ! Il ne faut tout de même pas partir dans cet état ! Suivez-moi !

La cheffe de réception contourna le comptoir et traversa le hall et s’arrêta devant la bagagerie.

              – Franck, je vous l’emprunte un instant !

              – Le taxi est route, s’écria Françoise. Voici le numéro.

Elle tendit un ticket et Franck alla le chercher. Pendant ce temps-là, Cathy avait pris un des oreillers du canapé et introduisit la cliente dans notre petit bureau. Elle prit la feuille et le stylo et le déposa sur l’étagère du dessus. Monsieur tenait la porte et guida son épouse dans la minuscule pièce.

              – Bien, installez-vous dessus et relevez les jambes, je vais voir ce que je peux faire.  

              – D’accord ! rougit la cliente.

Elle s’installa sur la planche en bois et releva ses cuisses. Aperçu quelques minutes plus tôt, son con bien fourni béait et dégoulinait de foutre. C’était indécent et excitant de voir tant de perversion aux yeux de tous.

              – Ah oui, ça ne doit pas être agréable ! Je vais vous aider, s’exclama Cathy en se mettant à genoux sur l’oreiller.

              – Vous êtes une perle ! sourit monsieur, se touchant le paquet. Ça ne vous gêne pas si je regarde.

              – Ah non, au contraire ! N’hésitez pas à me dire s’il reste un peu de foutre. Je nettoierai jusqu’à la dernière goutte.

La cheffe de réception sortit sa langue et commença à lécher la chatte bien foutrée de madame. A grand coup de langue, elle passait à de nombreuses reprises dans la fente, pour enlever le sperme.

              – Ah oui, j’allais oublier l’intérieur ! souffla-t-elle, la bouche encore pleine

Puis, elle lui mit deux doigts dans le fondement et les ressortit, bien visqueux de mouille et de jus d’homme. Elle les suça avant de les réintroduire plus profondément. Madame poussa des soupirs de contentement et s’allongea un peu plus.

              – Ah oui, vous savez vous y prendre ! souffla Monsieur.

              – J’aime nettoyer tout client. Et vous, monsieur ? Besoin d’un nettoyage ?

              – Ah oui, ça ne sera pas de refus !

Il ouvrit sa braguette et en sortit sa queue légèrement bandante, humide à souhait.

              – Oh oui ! Votre bite a aussi besoin de moi !

Elle tourna juste la tête et s’emboucha dessus. Par intermittence, elle changeait de sexe. Professionnelle dans l’âme, elle faisait son travail avec grande application.

              – C’est presque propre ! dit-elle en léchouillant une des lèvres.

              – Finissez madame, s’il vous plait ! dit-il en s’éloignant, rangeant son paquet dans son pantalon. C’est bon pour moi !

              – Bien monsieur !

Se concentrant sur la chatte de madame, la cheffe de réception posa sa bouche sur la vulve et aspira le clito, la langue tournicotant dessus. Connaisseuse, elle bouffa la cliente jusqu’à un long cri de délivrance.

              – Le taxi est arrivé ! claironna Franck devant l’extase de madame.

              – Parfait ! s’exclama Cathy en se relevant, s’essuyant la mouille. Je vous souhaite bon retour.

Elle quitta le petit enclos et me frôla. Déterminée, elle retourna à la réception et décrocha le téléphone qui venait à l’instant de sonner.

Refaite, la cliente reprit pied sur terre et se réajusta la robe.

              – Tout va bien, ma chérie ?

              – Oui, mon amour. Un orgasme express. Tout ce qu’il me fallait pour rentrer dans de bonnes conditions.

Il tendit sa main et elle l’attrapa. Il l’attira vers lui et l’embrassa.

              – Nous vous suivons, monsieur ! me sourit le client.

Devant la grande entrée, Franck tenait la porte laissant le passage ouvert.

              – Au revoir, madame, monsieur ! Au plaisir de vous retrouver parmi nous !

Le client hocha de la tête et passa. Je les dépassais juste avant d’arriver au taxi. J’ouvris la porte de la voiture pour madame et en fit de même pour monsieur. Il me tendit la main, avec à l’intérieur un billet. Comme je l’avais vu faire précédemment, je lui serrai la main, récupéra le billet et d’un geste quelque peu hésitant, le fourra dans ma poche.

              – Bon retour, Madame, Monsieur. A très vite à l’hôtel Sansex ! dis-je solennellement.

A nouveau, il hocha de la tête en prenant place à l’intérieur. Je refermais la porte et la voiture fila rapidement.

              – Comme quoi, je peux me tromper ! Pas timide pour un sou. Elle a une très belle voix quand elle jouit, m’avoua Franck.

              – Tu aurais bien aimé…

              – Avec ce genre de cri… bien sûr, sourit-il. En levrette, ça doit être quelque chose.

Et le souvenir de monsieur prenant me revint en mémoire et j’acquiesçais. Oui, elle prenait bien et sans rechigner

              – Alors ? me demanda-t-il.

              – Ah oui…

Je farfouillais dans la poche et en sortis le billet. Cinq euros.

              – Ah… m’étonnais-je.

Voyant ma déception, Franck me prit par l’épaule et gloussa.

              – Garde-les. Les clients peuvent être très généreux. Des fois, non. C’est toujours la surprise.

Je remis le billet à sa place et fixa mes pompes. En à peine une heure, j’étais dans le bain de l’hôtel. Une certaine crainte m’animait. La crainte d’aimer baiser à tout va, sans aucune honte et que tout était naturel.    

              – Tiens, ça me rappelle une fois ! Une cliente, bien sous tout rapport. Elle est arrivée à l’hôtel. Dès qu’elle a fait son enregistrement, j’ai su qu’elle était en manque de bite. Elle n’arrêtait pas de me regarder. Elle m’a confiée sa valise pendant que Jérémie montrait la chambre. J’ai bien attendu qu’il redescende avant d’aller apporter le bagage. Là, elle m’attendait à quatre pattes sur lit. En chien, elle a voulu que je lui pète le cul. Bon, tu me connais, je n’ai pas lésiné et je lui ai limé la rondelle à bon renfort de coup de bite. Le sperme bien au fond du cul, la nana m’a congédiée sans rien me donner. Un quart d’heure de sodo et c’est moi qui l’a eu dans le cul.

              – Nos prestations sont facturées ? demandais-je.

Il m’amena sous l’alcôve du porche et me montra une petite fenêtre incrustée dans la roche. A l’intérieur, une affichette avec les prix des différents types de chambre.

              – Non, c’est inclus dans le prix.

Le premier tarif était à cinq euros la chambre avec un lit une place.

              – Ah oui, sifflais-je. Ce n’est vraiment pas pour mon porte-monnaie.  

Il rigola et me tint la porte pour rentrer dans l’hôtel. Je tournais la tête et vis la cheffe de réception devant l’ordinateur. Elle regardait l’écran, l’air stoïque. Puis, elle s’écria pendant de longues secondes, s’affalant sur le comptoir. Franck explosa de rire pendant que la concierge refaisait surface.

              – Arrête de te moquer et retourne à ton poste, grogna Cathy.

              – Bien, madame ! La prochaine fois, n’hésite pas à me demander.

              – Françoise fait aussi bien l’affaire…

La concierge reprit sa place avec un vrai sourire au visage. Cette introduction m’avait quelque peu échauffé et je n’aurai pas été contre de lui montrer mes talents.

              – … ou Diddier, peut être.

Béatement, je lui souris. J’étais vraiment dans la merde et j’en voulais à nouveau.

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