Chapitre 4 – Partie 1 – Un entretien pas comme les autres

J’hésitais un instant à répondre.

Sur mon écran d’ordinateur, une jeune demoiselle était occupée à se faire démonter la porte arrière par un homme bien monté et à se régaler d’une pine dans la bouche. A l’aise, confortablement installé sur ma chaise, je me touchais la tige avec entrain.

D’habitude, mon répondeur était le seul interlocuteur pour ce genre d’appel. Si j’avais un message, c’était important. Sinon…basta.

A cet instant, après ma soirée de la veille, une force invisible me poussait à mettre mon planning de masturbation en pause et à décrocher. Presque…

Joueur et amateur de sensation, je coupais le son, pris le téléphone et décrochais ma main gauche sur mon pénis, à me caresser.

              – Diddier Laffont, bonjour ! commençais-je avec un large sourire.

Il y eut un instant de flottement de l’autre côté.

              – Ah… Bonjour Monsieur Laffont, Sandra Miellant à l’appareil, débuta mon interlocutrice.

Une pause. Un blanc. Sandra attendait surement quelque chose de ma part. Je n’avais aucune idée de quoi et je laissais le silence faire son œuvre face à ses images de sexes qui se pénétraient. Mon interlocutrice abandonna au bout d’une vingtaine de secondes. Elle reprit d’une voix suave et bien chaleureuse.

              – J’ai entre mes mains votre candidature pour le poste de bagagiste, voiturier et chasseur et je souhaiterai savoir si vous êtes toujours intéressé !

Je me remis droit sur ma chaise et laissa la vidéo continuer. Le défi m’appelait et cette mélodie au bout de l’oreille me titillait l’ouïe.

              – Oui, toujours motivé pour travailler. Par contre, je n’ai pas entendu de quel hôtel.

              – Ah oui, bien sûr ! ricana Sandra. Je travaille pour l’hôtel Sansex.

Je retins un petit rire face à ce nom d’hôtel. Sansex ? Réellement ? Il m’était inconnu au bataillon et avec tous mes envois, c’était logique de ne pas avoir tout retenu. Je relançais avec un bon gros bluff.

              – Ah oui, l’hôtel Sansex ! Très bel endroit!

              – Oui, tout à fait, répondit-elle chaleureusement. Donc, vous êtes toujours intéressé ?

Perdu dans la contemplation de ce petit cul qui se faisait largement défoncer, la voix de mon interlocutrice allait parfaitement avec la bouille de cette demoiselle qui se faisait délicieusement ramoner les fesses. Puis, le trou du cul apparut en plan large avec cette queue qui rentrait dedans. Je m’y voyais et ressentais cette douce sensation d’être bien serrer. Je fermais les yeux.

              – Monsieur Laffont ? s’inquiéta Sandra.

              – Pardon, je pensais à autre chose, répondis-je suavement, m’astiquant avec soin. Plus qu’intéressé de travailler avec vous !

              – Très bien ! s’exclama-t-elle.

              – Je suis disponible dès maintenant et pour…

              – Alors laissez-moi un instant ! me coupa-t-elle.

Et elle fit bien. Ma fin de phrase était à double sens et ce n’était pas forcément la bonne manière pour arriver à mes fins. Et je réalisais le changement. Depuis ma relation avec Agathe, mon rapport avec les autres et surtout avec les femmes avait changé. Largement moins timide, j’osais plus et plus rapidement. Sans bégayer, sans questions connes…enfin beaucoup moins.

Après, avec le téléphone, c’était plus facile de prendre de la distance et de titiller.

              – Demain, à 15h, est-ce que vous êtes disponible pour un entretien ?

Le timbre de sa voix et son intention de supplique m’enfoncèrent un peu plus dans la torpeur sexuelle dans lequel je me trouvais. J’imaginais cette femme, ma queue dans sa bouche pendant qu’elle discutait entretien avec d’autres hommes. Je détournais la tête de ses images perverses, pour me concentrer un minimum.

              – Avec grand plaisir, mademoiselle Miellant, murmurais-je la voix enrouée.

              – Très bien, Monsieur Laffont, gloussa-t-elle. Pour plus de sérénité, présentez vous à l’hôtel une dizaine de minutes avant. Allez à la réception et demandez, Madame Rachel Fournier. C’est la directrice générale de l’hôtel.

              – Ah…Ce n’est pas avec vous ? Dommage !

              – Non, non, non, rigola Sandra. Madame la directrice aime bien faire passer tous les entretiens. Une envie de découvrir de nouvelles personnalités.

              – Ah oui ! C’est super… Par contre, la directrice, c’est un sacré défi !

              – Elle sait mettre à l’aise, ne vous inquiétez pas !

              – D’accord, mademoiselle Miellant.

              – Appelez Sandra, monsieur Laffont, ricana-t-elle.

              – Et bien appelez-moi, Diddier avec deux D ! Enchanté de faire votre connaissance Sandra.

              – De même. Vous avez une très jolie voix, Diddier.

Sandra avait accentué la prononciation sur mon prénom, faisant rouler le D sous sa langue. Il m’était facile d’imaginer un sourire se dessiner sur son visage. Jouait-elle aussi avec moi ou la limite d’un orgasme me mettait les nerfs à vif ?

              – Vous devez le dire à tout le monde, rigolais-je. Je vous retourne le compliment Sandra !

              – Vous allez me faire rougir, Diddier.

              – ça doit être beau à voir, Sandra.

Le silence prit place et s’installa à nouveau. Était-ce de la gêne ou mon impétuosité était allée trop loin ?

              – Vous le découvrirez demain, Diddier. Je suis à la réception jusqu’à 16h.

              – Bien, c’est une rencontre que je ne manquerai pas.

              – Non plus. Je vous souhaite une bonne journée… Diddier.

              – A demain, Sandra.

J’attendis. Elle aussi. Son souffle de l’autre côté caressa mon oreille, puis elle raccrocha. Cet échange me laissa rêveur et pantois. Face à mon excitation, je n’étais plus le même homme. Quelque chose en moi me poussait de l’avant, verge bien devant pour atteindre le plaisir. Depuis que j’étais en couple, quelque chose en moi avait changé. Agathe m’avait chamboulé… et j’aimais ce changement. Puis le souvenir de mon acte. De ce flirte avec une autre rafraîchit mon ardeur.  

J’essayais de me trouver des excuses. Et puis, ce n’était qu’une voix, rien de plus. Ce n’était pas synonyme de belle femme. Et le lendemain, j’allais saluer Sandra, échanger quelques mots et… rien de plus. Le fantasme resterait au placard comme tout le reste.

Je posais mon téléphone sur la table et l’éloignais. En face, mon ordinateur crachait la suite d’une histoire bien connue. La demoiselle devenait petit à petit le trou à sperme de ses messieurs. Un à un, il se déchargeait dans ses orifices à grand renforts de sourire et de langue qui léchait.

A deux doigts de tout expulser, je bloquais ma jouissance au fond de mes couilles. Mon abstinence et mon entretien allaient m’offrir une entrée direct dans le cul de ma nana. Et je n’allais pas louper le coche.

Mon téléphone vibra. C’était elle. Ma pécheresse.

A : Résistes-tu à ton pécher mignon ?

Comment avait-elle deviné ? Comme un débile, je tournais la tête à la recherche d’une caméra. Rien. Je lâchais mon morceau de chair et lui répondis dans la foulée.

D : Je résiste même si l’appel de la chair m’appelle ! Aurais-je le droit donc de visiter son petit cul ?

A : A voir… il n’est que onze heures et je rentre à 20h. D’ici là, il peut se passer beaucoup de choses.

Je ricanais devant son audace. Connaissant mon péché, elle en jouait. Et la voix de Sandra me restait en tête, m’amenant sur la tangente.  

D : Prépare toi mon amour. Ce soir, je te fais boiter.

A : Tu me plais toi…

Je reçus une photographie quelques secondes plus tard. Malgré la qualité, il était facile de discerner son petit trou du cul. Elle alimentait le feu qui m’animait.

A : Rien que pour toi ! Ne te branles pas trop.

D : Aucun souci. J’attendrai.

Puis, plus de messages. J’hésitais à lui dire pour la bonne nouvelle. Elle allait sauter de joie et la serrure de son cul allait sauter dans la seconde. Je gardais cette nouvelle pour le réel juste pour voir sa réaction.

Je passais le quart d’heure suivant à suivre les contours de ce petit plaisir bien noir et décida d’aller courir. Au moins, j’éviterai à mon fantasme de prendre l’air.

Une heure plus tard, j’étais de retour et passa mon après-midi à préparer mon entretien.

Première recherche sur internet : l’hôtel Sansex. Inconnu au bataillon, il était très discret sur le net ainsi que sur les réseaux. Il avait un site internet mais impossible de me connecter à moins d’avoir un identifiant et un mot de passe. C’était étrange. Comme si cet endroit était réservé à la haute clientèle.

Puis à force de recherche, je tombais sur un blog qui traçait juste quelques lignes dessus.

« Petit hôtel boutique de la rive droite, l’Hôtel Sansex a sur se démarquer de la concurrence et des autres palaces par une nouvelle approche dans sa décoration et une clientèle proche de ses envies. Par la qualité de son service, une justesse dans la décoration, la famille Fournier a su redonner à cet établissement, toute sa splendeur d’antan et être le lieu incontournable pour tout le monde. »

L’article était sponsorisé par une société inconnue.  L’auteur l’était d’autant plus. Je restais sur ma faim et composa avec.

Autre page, autre recherche : la famille Fournier. Les résultats furent plus généreux. Mais tout aussi léger sur le contenu. Grande famille méditerranéenne ayant fait fortune dans différents établissements, la plus grande des sœurs, Elise Fournier, avait racheté l’hôtel dans les années 80 pour une bouchée de pain. L’histoire de l’hôtel particulier l’avait touché et elle voulait redorer l’image de l’endroit, à l’abandon depuis les années cinquante. Avec l’aide de José, le plus jeune des frères et Rachel, la fille du milieu, ils rénovèrent la bâtisse et l’ouvrirent quelques années plus tard, dans le faste de la fin du vingtième siècle. Unique en son genre, l’hôtel comptait une clientèle fidèle.

Et c’était tout. Rien de plus sur le pourquoi du comment.

Elise, Rachel et José Fournier n’avaient aucune page sur leur vie dans les réseaux. Comme s’ils n’existaient pas. Après une bonne heure de recherches infructueuse, j’abandonnais. Si Rachel Fournier m’interrogeait sur l’histoire de l’hôtel, je ferai comme d’habitude : je broderai avec le sourire.

              – Agathe, soufflais-je en me tapant sur la tête. Je suis con.

Elle travaillait dans l’hôtellerie. Elle en avait surement parlé. Problème résolu.

Bien… ma recherche principale était fini. Il manquait la plus importante : la sodomie. Grand amateur de porno, cette pratique était nouvelle. Bien sûr, je savais comment faire. Pas difficile, j’avais juste à mettre ma bite dans le trou.

Je laissais de côté mon entretien et rechercha le plus important : la sodomie. Grand amateur de ce genre cinématographique, je n’avais jamais réellement pratiqué cet art difficile. Alors, j’arpentais les bas fond du net pour trouver diverses astuces pour que la petite enculade se fasse dans les meilleures conditions. Et heureusement. J’avais tout : la patience, l’envie et le barreau bien haut. Il manquait le plus important : le lubrifiant. Ni une ni deux, je fonçais à la supérette du coin pour trouver le bon tube.

Une demi-heure plus tard, j’étais fin prêt à visiter les profondeurs de ma belle. Il me manquait plus que la donzelle pour être cueillis. Et pour se faire, je préparais le repas du soir avec encore plus d’application. Je mis les petits plats dans les grands et attendis avec impatience son retour.

A dix-neuf heures trente, mon téléphone s’illumina en même temps que mon sourire. C’était Agathe.

A : Mange sans moi, mon amour. A l’hôtel, c’est la folie. J’en ai de tous les côtés. Je te rejoins bien vite.

L’excitation fit place à la déception. En moins de deux semaines, c’était la troisième fois. C’était la dure loi de la réalité, mais j’avais du mal à l’accepter. Je passais ma soirée à manger mon repas devant une bonne série, à l’attendre.

A vingt-trois heures, elle se pointa. Rouge et toute transpirante, elle m’embrassa sur le bout des lèvres.

              – Tout va bien, mon cœur ? lui demandais-je en voulant la prendre dans mes bras.

Elle s’écarta et fuit mon regard.

              – Je n’ai pas arrêté… j’ai même couru pour rentrer. Excuse-moi, mon amour.

Et puis, ce fut tout. Elle s’enfuit dans la salle de bain, me laissant seul sans explication. Une demi-heure plus tard, elle ressortit de la douche, le sourire aux lèvres.

              – Je suis désolé, mon amour, répéta-t-elle tout en séchant les cheveux.

              – Ce n’est pas grave… murmurais-je, légèrement sur la défensive. Ça va mieux ?

              – Oui, oui… je suis sur les rotules là !

              – Ah…

              – Oui, normalement, on aurait dû…

              – Oui… Ce n’est grave ! Demain ?

              – Oui, demain, dit-elle en me touchant le torse. Promis, demain, tu pourras m’enculer ! Mais il faut se préserver pour moi.

              – Encore ? m’écriais-je.

              – Encore, petit pervers. Je vais me coucher, je suis vannée.

Elle m’embrassa plus longuement et alla dans la chambre. Après m’être brosser les dents, j’allais la rejoindre. Elle dormait.

Le sommeil jouait à cache-cache avec ma nuit. Des questions tournaient dans ma tête et trouvaient échos à d’autres pour devenir un bordel de mauvaises pensées.

Agathe me trompait-elle ? Elle qui n’avait de cesse de me répéter qu’elle était une nymphomane, elle ne l’était plus vraiment depuis quelque temps. Et ces fois où elle rentrait tard… j’essayais de me faire une raison. Le monde de l’hôtellerie n’était pas une mince à faire et je n’y connaissais rien. Agathe avait passé une mauvaise journée et elle avait besoin de repos.

Rien de plus… pas même une baise.

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