Une soirée bien arrosée

Le flot finit de s’écouler lentement. Les dernières gouttes s’écrasèrent sur le sol pendant que Fabien d’un coup de racloir, enlevait le surplus d’eau dans la douche. Il ouvrit la cabine, prit sa serviette et se la passa autour de la taille. Avec la chaleur du mois de Juin, il n’avait pas besoin de se sécher complétement. L’eau qui s’évaporait de sa peau lui donnait les frissons qu’il recherchait.

Fabien leva la tête et contempla dans le miroir son reflet. Après deux ans de sport, trois fois par semaine, le changement était là. Ses muscles avaient grossi, sa ceinture abdominale affermie et une silhouette dessinée. A lui-même, il secoua la tête et se félicita intérieurement.

Légèrement honteux, il retira sa serviette et regarda le reste de son corps. Il n’avait pas à rougir même si l’impressionnante taille de son sexe pouvait à certain moment effrayé, il se sentait beau. Il se sentait fort. Il se sentait désirable.

Après une autre minute d’observation minutieuse, il remit sa serviette et sortit de la salle d’eau. Il traversa une partie de son appartement et entra au salon. La table à repasser était déplié, le fer bien chaud, il ne manquait plus qu’à repasser sa tenue.

              – Hé oui, la rançon de la gloire, souffla-t-il, en commençant par le col.

Cinq minutes et quelques complications plus tard, Fabien avait enfin fini de défroisser sa chemise. Il retourna dans la salle de bain et s’habilla. Ce soir, il sortait et il voulait que les nanas le regardent. C’était étrange cette envie. Lui qui n’aimait pas le regard des autres, là, il voulait que toutes le détaillent et le désir.

              – Surement, un petit côté narcissique, ricana-t-il en se passant du gel sur les cheveux et deux sprays de parfum.

Il se regarda une dernière fois dans la glace. Il était fin prêt pour cette fête d’anniversaire. Il prit son téléphone et regarda les prochains trains pour Paris.

              – Oula, il ne faut pas que je traine, merde ! s’écria-t-il.

En quatrième vitesse, il repartit en sens inverse, mit ses chaussures et une veste. Sans un regard en arrière, il quitta son appartement.

De justesse, il entra dans le train de banlieue et s’installa à la fenêtre, l’esprit ailleurs. A peine dix huit heures, le monde s’éveillait à l’intérieur. Il prit son téléphone et compulsa un message.

F : Mon cœur ! Es-tu sur de ne pas vouloir venir ce soir ?

Je suis en route et pense bien à toi,

Je t’embrasse.

Le message partit en même temps que ses pensées. Au loin…

Yvan fêtait ses trente-deux ans ! Fabien n’en revenait pas. Après autant d’années, ils étaient toujours amis malgré la distance, les enfants et le reste. C’était fou. Toutes ses années passées à vivre une vie qui au final se résumait à cet instant, dans le train à chercher quelque chose.  

Son téléphone vibra. C’était Manon. Il sourit bien avant de lire son message.

M : Mon amour ! Après cette semaine… je suis sur les rotules. Profite bien de ta soirée, sans moi et embrasse Yvan et les autres de ma part.

Il commença à rédiger sa réponse, puis se retint. Il se sentait coupable. Honteux de se retrouver seul et d’aimer l’être. Depuis cinq ans, c’était l’une des premières fois où Fabien se retrouvait seul avec ses amis. Il allait enfin pouvoir lâcher un peu de lest et laisser son contrôle au placard. Il ferma les yeux, se laissant envahir par ce doux sentiment de félicité avant de revenir au moment présent.

F : D’accord, mon cœur. Je n’y manquerai pas. Si la soirée se passe bien, je risque de dormir chez Chloé et Christian. Ils habitent à deux pas du bar. Ça ne te gêne pas ?

Il envoya la réponse et resta planter devant l’écran pendant de longues secondes. La réponse se faisait attendre. Connaissant sa moitié, Manon n’était pas fana du message. Encore moins de lire entre les lignes. Lui profitant de la soirée pour boire et ne plus être en état pour rentrer. Il secoua des épaules. Il n’allait pas lui mentir et s’il devait ne pas boire, il le ferait comme à son habitude.

Sa main vibra une dizaine de minutes plus tard. La réponse était simple et succincte.

M : D’accord. Juste, préviens-moi si tu rentres ou pas avant que je me couche. Je t’embrasse.

Le message gentil doublé d’un ordre. Fabien ricana. Le propre de Manon et de se manière de lui signifier qu’en rentrant, la discussion allait être animée. Surtout s’il passait la nuit ailleurs que dans son lit.

F : Aucun souci, mon cœur. Bonne soirée à toi aussi. Je te bisoute.

Voilà, c’était fait. Il rangea son téléphone dans sa veste et regarda à travers la fenêtre. Maintenant, Fabien allait pouvoir se concentrer sur le reste de la soirée. Il verrait en temps et en heure ce qu’il ferait. Pour l’instant, il voulait juste voir ses amis, rigoler et profiter du moment présent.

**

Peu avant dix-neuf heures, Fabien arriva devant le bar. Chloé était déjà là, fidèle au poste. Avec son manteau, son sac et un autre, elle avait consolidé sa prise d’une partie du bar pour la suite de la soirée. Dès qu’elle le vit entrer dans le bar, elle se leva dans sa petite robe rouge, bien moulante. Il eut un léger coup de chaud et se retint de tout commentaire.

              – Heureusement que tu arrives sinon, j’allais me faire prendre le coin.

              – Je vois ça ! rigola Fabien en lui faisant la bise, lui serrant les épaules.

              – C’est la guerre! sourit-elle. Ça va vite se remplir… Tu vas bien ? Manon, ne vient pas ?

              – Oui, très bien, merci, soupira-t-il en lâchant son emprise. Et non, elle a eu une semaine éprouvante, elle souhaite rester tranquille à la maison.

Fabien n’arrivait pas à se défaire de lorgner ses jambes et son décolleté. Il détourna la tête avec un gros effort de volonté.

A fleur de peau, ce soir, pensa-t-il.

Il s’installa à côté d’elle et regarda ses mains dans un silence confondant.

              – Tout va bien ? demanda Chloé.

              – Oui, pourquoi ?

              – Tu as l’air pensif !

              – Ah non, non, je réfléchis à ce que je vais boire. Et toi, tu prends quelque chose ?

Fabien n’allait pas lui dire qu’il était dans « sa » période. Celle où ces hormones étaient en ébullition et où un rien le faisait vriller. C’était tout sauf un bon moyen de passer une bonne soirée.

En temps normal, Chloé lui apparaissait comme une femme comme une autre. Quelconque sans aucun attrait. Rien. Elle devait plaire à beaucoup d’hommes mais pour Fabien, il lui manquait quelque chose.

Sauf à cet instant-là.  Avec son petit sourire gêné, sa robe bien trop courte, Fabien aurait pu l’amener doucement mais surement vers le chemin doucereux de se faire prendre aussi sec sur les coussins du canapé du bar.

Reste calme, mon petit Fabien. Ça va passer, tu peux le faire. 

              – Je prendrai bien une pinte ! répondit-elle enfin.

              – Super, j’y vais.

Il se leva précipitamment laissant son amie seule avec le « coin à garder ». Il détourna les yeux et la vit qui zieutait à l’extérieur. Il eut du mal à contenir ses idées perverses de la retrouver aux toilettes quelques minutes tard… à la prendre dans un « coin à baiser ».

Les verres lui furent servis et il retourna à l’endroit de départ. Il tendit le verre à Chloé et ils trinquèrent tous les deux. Un verre à la main le détendit quelque peu. Au moins, il avait de quoi occuper ses appendices et son esprit.

Puis, Flora arriva. Un autre fantasme sur patte. Elle entra dans le bar d’un pas décidé et s’écria en les apercevant. Tout le monde la rejoignit dans le même ton et éclata de rire. L’atmosphère était bonne enfant. Flora fit la bise à Chloé. Puis à lui.

              – Oh toi ! sourit-elle avec malice.

              – Et oui, moi !

Elle lui toucha l’épaule, se pencha, lèvres en avant et ils se firent la bise. L’alcool aidant, Fabien se sentit pousser des ailes. Il retint tout commentaire et la laissa s’installer. A la fin, elle revint vers lui, comme attiré par la lumière de son envie.

              – Alors ? Comment va l’infirmière ? demanda Fabien, l’œil bien trop lubrique pour paraitre innocent.

              – Sur les genoux… ils vont me tuer. Mais toujours prête à avaler sa dose… de travail.

Il y eut un long silence devant l’ampleur du double sens. Pris au dépourvu, Fabien eut du mal à contenir la rougeur de ses joues et baissa ses yeux sur son verre. Juste à côté, Chloé avait entendu et éclata de rire.

              – Tu n’en manques pas une, toi ! dit-elle hilare en prenant son amie par l’épaule.

              – Avec ce « comment va l’infirmière ? », je n’ai pas pu m’en empêcher, rigole Flora, en faisant un clin d’œil.

              – Ok, ok, tu as le droit ! se reprit Fabien.

              – Sinon, je vais bien… euh, comment tu t’appelles déjà ?

Sans le vouloir, il la fusilla du regard. Ce fut à son tour de rougir de honte. Il releva les épaules content de l’effet qu’il eut sur elle. Elle l’avait mouchée. Il avait répondu. Balle au centre.

              – Tu piques, dis donc ! répondit-il. La dernière fois, on a parlé une bonne partie de la soirée.

              – Ah bon ? Avec le taf, difficile de tout se rappeler…

Il n’arrivait pas à savoir si elle se moquait de lui ou pas. Il préféra jouer l’humble chevalier.

              – Et bien, je m’appelle Fabien. Et toi ?

              – Fabien, Fabien, Fabien… murmura-t-elle, sans lui prêter attention. Ah oui ! C’est bon, je m’en souviens. Tu étais avec une petite blonde. Bien sympathique qui rigole fort.

              – Ah par contre, elle, tu t’en souviens, bâtarde.

              – Mais non… enfin peut-être. Elle n’est pas là, ce soir ?

              – Non, comme pour toi, sur les genoux. Par contre pour le reste, ça reste à voir. Elle a préféré rester sagement à la maison.

Flora ricana face à ce petit clin d’œil.

              – Toi, par contre, tu n’es pas sage.

              – Hé non ! dit-il en montrant son verre.

              – Je vais me prendre à boire, je reviens.

Elle lui toucha l’avant-bras avant de se diriger vers le bar. Fabien reprit sa place sur le canapé, un léger gout de colère au fond de la bouche. Dans ce genre de moment, il suffisait juste d’une pichenette pour le lancer. Il préféra la jouer sécurité et prit place à une bonne distance de toutes tentations. Flora revint deux minutes plus tard et les deux femmes discutèrent entre elles, lui laissant un minimum de répit.

Son esprit divagua. Le vin faisait son effet et déliait ses sens. Une douce chaleur l’envahit, calmant sa colère. En silence, il rejoignit les filles, les observa à tour de rôles, l’idée obsédante d’une vérité fantasmée : Une infirmière était-elle nue sous son uniforme ?  A cet instant, pour lui, une nurse était vouée corps et âme à son travail et se donnait à fond pour satisfaire la moindre demande à un patient… bien entendu, nue sous la tunique.

Face à son verre, il n’arrivait pas à se défaire de ses images. Heureusement, elles ne prêtèrent aucunement à lui. Christian le libéra de cette charge d’hormone bien trop féminine en arrivant.

              – Hello tout le monde ! souffla-t-il en embrassant Chloé. Désolé pour le retard !

              – Fabien se sentait bien seul à nous écouter parler des choses de filles ! rigola Flora.

              – Carrément, mais j’étais sage !

              – Ah bon ? s’étonna Christian.

              – Toujours ! On va te prendre un verre.

L’arrivant secoua de la tête et les deux prirent la poudre d’escampette. Content d’éloigner la tentation, Fabien se détendit et prit ses aises avec son ami de longue date.

Accoudés au bar, les deux amis rigolèrent en attendant que la bière arrive.

              – Aucun souci pour que je dorme chez vous, ce soir, au fait ? demanda Fabien.

              – Aucun, mon ami ! sourit Christian en lui frappant l’épaule. Mi casa es tu casa.

              – Ok, j’emménage demain alors ?

              – Si pour toi, un clic-clac dans un salon, ça te convient pour y vivre : Welcome. Sinon…

              – Ah…ouai ! Moi qui pensais à un hôtel cinq étoiles.

              – Ouai… non ! Il faudra y repasser.

              – De toute manière, je ne suis pas sûr de dormir chez vous. Il faudra voir la soirée et de mon état.

La bière arriva et Christian paya. Les deux repartirent en sens inverse.

              – En tout cas, profite. Ce n’est pas tous les jours qu’on fait la fête.

Les quatre trinquèrent dans un vivat bonne enfant.

Peu de temps après, Julien arriva avec son flegme légendaire. Léger sourire, la mine fatiguée, il sourit à tout le monde et bloqua sur Flora. Pendant dix secondes, il la contempla sans prêter attention aux autres. Lui aussi avait ressenti l’appel du cul. Lui aussi était en chien et au garde à vous. Fabien le prit rapidement à part pour ne pas lui faire dire de conneries.

Puis, la star de la soirée arriva sur les chapeaux de roues. Yvan entra avec sa femme, Linda, sous les acclamations qu’il se donnait principalement à lui-même. Les rires fusèrent et le groupe était complet pour débuter la soirée d’anniversaire.

              – Oula, les verres sont vides ! s’exclama Yvan. La prochaine tournée est pour moi !

Et tout le monde applaudit et hua cette entrée fracassante.

Comme une danse, les invités discutèrent aux rythmes des sujets changeant de partenaires quand l’un appelait l’autre et Fabien se retrouva avec Yvan, tout heureux d’être le point névralgique de cette rencontre.

              – Pardon, messieurs ! dit Chloé en passant entre les deux pour gagner son manteau sur le canapé.

              – Mais tu peux, très chère, s’exclama Yvan. Nadège est de la partie ?

              – Oui, bien sûr ! Quelques soucis de transports, elle ne devrait plus tarder.

              – Ah super !

Et elle s’éclipsa comme elle était arrivée. Fabien ne put s’empêcher de lorgner sur cette croupe qui se penchait en avant pour ramasser quelque chose.

              – Nadège ? demanda-t-il à Yvan.

              – Arrête ! Tu te souviens d’elle.

Il lui prit par les épaules et lui murmura des détails sur sa physionomie avec plus ou moins de détail. Malgré tout, il n’arrivait pas du tout à se faire une image de cette femme et attendait avec une certaine patience son arrivée.

              – C’est moi ou tu veux la pécho ? éclata de rire Fabien, après une dernière remarque plus ou moins salace.

              – C’est toi ! intervint Flora. Si je me rappelle bien, c’est toi qui mets l’ambiance avec tes questions.

              – Et tu as mieux à m’offrir peut-être ?

Fabien n’arrivait plus à se contenir. Malgré les deux verres, il était déjà dans la pente descendante pour dormir chez Christian et Chloé. Après une semaine de travail intense, Fabien se permettait une dose de liberté dans ses agissements. Il reprit place dans le canapé et la jeune femme le rejoignit.

Comme deux enfants, Flora et Fabien discutèrent et se chamaillèrent. Yvan intervenait par moment pour parler fort et faire le pitre. Fabien, à son aise, réalisa qu’elle était beaucoup moins cruche que l’image d’une infirmière véhiculait. Surtout des films pornographiques. La tête bien faite, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et surtout elle avait une réflexion, sur la société, la santé et l’avenir qui valait le coup d’être entendu.

Le troisième verre à la main, Fabien était dans son élément. La fureur du début avait fait place à un certain calme. Il en profita pour se pencher vers Flora, l’air timide.

              – Je suis curieux…

              – Ah bon ? Je n’avais pas remarqué ! gloussa-t-elle.

              – Ouai… tu n’es pas obligée de répondre.

              – Encore heureuse !

              – Est-ce que la légende est vrai ?

              – La légende ?

              – Les infirmières sont-elles nues sous leur uniforme ?

Elle tourna la tête et planta ses yeux dans les siens. Il eut du mal à avaler et se redressa pour s’éloigner quelque peu, la peur d’une gifle. Et là, elle explosa de rire, lui attrapant l’avant-bras. Les regards se retournèrent et la fixèrent en silence. Puis, comme par magie, les conversations reprirent, la main de Flora toujours sur Fabien.

Depuis qu’il était en couple, c’était la première fois qu’une femme posait sa main sur lui, à la limite de la caresse. Il respira doucement, sentant son sexe s’agiter et délicatement se tendre. Quelques secondes de plus, et il serait en forme.

              – Vous les mecs ! Vous êtes tous grave ! Tu aimerais savoir ? demanda Flora se rapprochant de lui, la main toujours sur son avant-bras.

              – Toujours curieux pour ce genre d’information… réussit-il à articuler.

Elle acquiesça face à cet aveu. Elle se pencha à son oreille et lui murmura à son creux.

              – Juste le porte-jarretelle. Au cas où je tombe sur un beau gosse dans ton genre.

Elle recula et son rire redoubla d’intensité. Gêné par la moquerie, Fabien rougit et devint à la limite du cramoisi. Yvan qui déclamait devant sa femme et Chloé, se retourna, prenant ce rire pour lui. Comme un automate qui avait besoin d’une pièce pour fonctionner, Yvan reprit du poil de la bête, faisant l’imbécile bien plus fort. Linda essaya de le calmer mais il était trop tard. Il dandinait son cul devant les invités en poussant des bruits d’animaux.

              – Intéressant, intéressant, acquiesça Fabien pour ne pas perdre la face. Et donc ce soir ?

              – Comme tous les jours, je ne porte pas de culotte.

Il avala de travers, face à cette réponse inattendue. Pour ne pas tout recracher, il posa sa main devant la bouche et toussa doucement.

              – Tu veux vérifier ?

Elle passa sa main sur courte jupe et écarta les cuisses, sous le regard timide de Fabien. Le genou effleura celui de Fabien. Ses tempes palpitèrent et il eut l’impression qu’une braise s’était enflammée dans sa tête. Elle souleva sa jupe à deux doigts de cette fente qui ne demandait qu’une chose : se faire cueillir. Se connaissant, il ne ferait pas la fine bouche et il irait directement bouffer sa vulve.

Il se retint. Flora jouait avec lui et appelait sa bite. Il changea de main son verre pour éloigner la tentation. Mais c’était bien trop fort pour lui.

              – Je vais prendre l’air, murmura-t-il en se levant. J’ai un petit coup de chaud.

              – D’accord. On reprendra notre discussion tout à l’heure, alors ? ricana-t-elle.

Il passa entre les invités et se retourna. Flora ne le quittait pas des yeux.

Elle veut ma queue ! 

Dehors, l’air frais refroidit quelque peu ses ardeurs. Il s’éloigna de l’antre du diable… Il fit le tour et s’arrêta. Il tourna la tête et constata qu’il se trouvait devant la baie vitrée du bar où se trouvait le canapé et ses amis. Accoudée au canapé, Flora le regardait avec un grand sourire. Elle se lécha les lèvres… un instant, il s’imagina la suite. Ces deux pulpes légèrement entrouvertes, sa bite qui se frayait un chemin entre pour trouver cette langue qui parcourrait son gland…  Il frémit, se retenant. Il se retourna pour ne plus être face à cette tentation. C’était trop pour lui.

Il finit son verre et retourna à l’intérieur, cinq minutes plus tard. Il se commanda un autre verre et retrouva le groupe. Flora avait changé de place et discutait debout avec Julien. Il reprit place sur la banquette à deux places et sirota son verre. Seul.

Une blonde arriva, toute essoufflée quelques minutes après.

              – Désolé pour le retard, souffla-t-elle à Yvan en lui faisant la bise. Ce putain de RER… je te jure ! Je vais péter un câble.

Et là, la lumière fut. C’était Nadège, la coach sportive. Du même âge, c’était une femme dynamique qui n’avait pas sa langue dans sa poche et avait de la répartie. Pour le plus grand plaisir d’Yvan qui la chambrait et qui se faisait rembarrer en retour. Toujours en jean, Tshirt et une queue de cheval qui harnachait ses longs cheveux à l’arrière de sa tête, elle n’arrivait pas à rester en place.

Elle s’installa à côté de lui et lui fit la bise, sans prendre de pincette. Au moins, elle ne lui faisait aucun effet et aucune envie sexuelle ne se fit sentir.

              – Qu’est-ce que tu as pris ? demanda-t-elle en se penchant à son oreille.

              – Un verre de rouge, sourit-il, sans arrière-pensée.

Il regarda son verre. C’était du blanc. Et Nadège éclata de rire.

              – Tu es cuit, toi.

              – Un peu… en même temps, tu arrives après la fête.

              – T’inquiète, on va bien s’amuser. Je reviens, je vais prendre pareil.

Elle se leva et il voulut la suivre du regard. Il eut du mal à avoir un point fixe : tout tanguait comme si le monde était sur un bateau. Il prit une grande inspiration. Une senteur de savon lui titilla les narines. Elle venait de sortir de la douche… la vulve et l’anus bien lisse et bien propre.

Seul dans son coin, Fabien ricana de ses pensées « impropres ». Malgré l’alcool, le manque de sex-appeal de Nadège, il était intenable.

Deux minutes plus tard, elle reprit sa place à ses côtés, un verre de vin rouge à la main. Ils trinquèrent et le silence s’installa.

              – Pas de blanc alors ? demanda-t-il.

              – Non ! ça te gène ?

              – Euh, non ! Aucunement, je voulais… 

Elle rigola et le taquina en le poussant l’épaule. Pendant quelques minutes, ils échangèrent des banalités.

              – Et pour le retour, ça ira ? rigola Fabien. Il faudrait peut-être que tu rentres maintenant avec ton RER.

              – Oh… va chier !

              – Sympa ! Ton mec vient te chercher ?

              – Même pas ! Ce con, il préfère me laisser galérer. Nan, j’ai demandé à Chloé et Christian pour dormir chez eux. Ils ont un canap’, donc tout roule.

Fabien but une gorgée, essayant de s’accrocher à cette déferlante de mots.

              – Et toi ? Ta moitié ?

              – A la maison. Elle a eu une semaine compliquée au travail et elle ne se voyait pas sortir. Donc j’en profite et je dors chez Christian.

              – A toi aussi ?

              – Ouai ! Tu prends la chambre et moi le canap’ !

              – Euh… il habite un deux pièces : une chambre et un salon !

Et à nouveau, elle rigola.  Yvan coupa court.

              – On parle de moi ? sourit-il.

Fabien eut du mal à remettre de l’ordre dans ses idées. Durant sa pause à l’extérieur, il avait prévenu Manon de son découchage… puis, il avait bu sans vraiment réfléchir. Pour lui, tout était clair, il profitait et il dormait. Seul. Là, l’équation prenait une autre forme. Une forme qui pouvait être facilement préjudiciable s’il n’arrivait pas à se contrôler. Heureusement pour lui, sa colocataire d’une nuit ne l’attirait pas. Il n’y avait pas de raison de craindre.

Cinq minutes plus tard, Yvan se ramena avec un plateau de shots. Il en tendit à chacun et tendit son verre. Il discouru longuement sur lui et son anniversaire.

              – Abrège Yvan, merde ! s’exclama Nadège.

              – C’est la première fois qu’on me dit ça ! Normalement, on en veut toujours plus !

L’assemblé rigola et il fut aux anges.

              – A mon anniversaire ! s’exclama-t-il.

Et tout le monde s’écria et but le verre d’un cul-sec.

              – Je ronfle, au fait, rigola Nadège, en se collant à Fabien. Surtout avec l’alcool.

Il déposa son verre, avec un léger sourire au coin. Devait-il lui dire qu’il se réveillait souvent avec une trique d’enfer et qu’il pouvait pousser des bruits étranges aussi ? Qu’il avait toujours envie de baiser au réveil ?

Durant un quart de secondes, il hésita à prendre son téléphone et à écrire à sa moitié pour la prévenir qu’il rentrait. Il ne voulait pas tenter le diable. Encore moins avec Nadège.

              – Merde ! Tu as peur de moi ? demanda Nadège, coupant court à sa réflexion.

              – Un peu, oui ! C’est la première fois en cinq ans que je vais dormir avec une autre femme !

              – Fais un vœu alors ! Ne me confonds pas, hein ?

              – Aucun risque. Tu es blonde, elle est brune.

              – Et ? Un trou, c’est un trou ! Je te repousserai t’inquiète et au pire, si tu es trop collant, tu auras le droit à ma spéciale.

Elle lui tendit son poing devant son visage puis l’embrassa, contente de sa blague.

              – Je vais revenir avec un coquard, alors, pouffa de rire Fabien.

Il reprit une gorgée de son verre. Le shot commençait à faire effet et tout volait en éclat. Dans un état second, tout s’accélérait et ralentissait. Les mots se coulaient pour donner un miasme dégoulinant. Il avait du mal à suivre. Les verres continuèrent. Les discussions aussi. Linda. Chloé. Yvan. Christian. Julien. Puis, ils avaient chanté comme des poivrots.

Puis… trou noir.

**

Successions d’images. Nadège. Chloé. Flora… et d’autres. Le bar. Tout dansait devant ses yeux et s’enchainait. Des escaliers. Interminable. Un couloir. Un lit.

Puis le silence. Lourd et intense. Tout devint un immense manège où tout tournait. Durant un temps indéfini, il était dans ce tournis perpétuel pour qu’enfin tout s’arrête.

Rien. Le corps détendu, il sombra pour se réveiller.

La chaleur environnante le saisit. Un bruit reconnaissable le sortit peu à peu du coton dans lequel il était.

              – Crrr…crrr…crrrr… Pff.

Il reconnaissait le bruit. Mais il n’arrivait pas à un mettre un mot.

              – Crrr…crrr !

Il ouvrit les yeux difficilement, un mal de tête lancinant. Au-dessus de sa tête, une masse informe, une tache noire au centre et puis claire autour.

              – Crr…crrrrr.

              – Hum, maugréa-t-il en se bougeant un peu.

Son bas du ventre se refroidit mais le bien être reste entier. Le bruit s’arrêta. Il referma les yeux pour se reprendre.

              – Ah enfin, merde ! Je te pompe la bite depuis cinq minutes moi. Et toi, tu dors ! Dis que je suce mal. Tiens bouffe ma chatte.

Fabien eut du mal à raccrocher les wagons. Les paroles lui arrivaient aux oreilles mais la connexion ne se faisait pas. La tâche sombre au-dessus de sa tête se rapprocha et se posa sur sa bouche. La texture était humide, spongieuse et bien chaude.

              – Crrr, crrr…

La chose bougea sur son orifice, balayant ses lèvres d’un mucus bien liquide. Dans son état, il ne pouvait rien faire et attendre.

              – Tire la langue, s’il te plait ! lui demanda la voix à ses pieds.

Sans réel adhérence avec la réalité, Fabien obéit. A peine le bout sortit, le goût flirta avec les papilles. Avec rebond, son esprit recolla peu à peu la saveur en bouche. Mue par l’instinct, il lécha comme il aimait si bien le faire, passer sa langue entre pour trouver le nectar. La cyprine coula par petit flot, imbibant peu à peu sa barbe.

              – C’est bon, merde ! s’écria-t-elle. Tu sais bouffer de la chatte toi.  

Sur le bout des lèvres, il embrassa cette paire qui se gonflait sous sa langue. Les bruits de gorge cessèrent pour laisser échapper un gazouillis de contentement. Puis son membre revint à la chaleur plus intensément. Dans un état second, Fabien avait du mal à comprendre tout ce qui lui arrivait. Ni où il était. Ni avec qui. Tout ce qui lui importait, c’était léché. Rien d’autre.

Au fur et à mesure, son cerveau se remit en route. La conscience aussi. Il avait dû rentrer. Dans un état pitoyable, certes, mais il avait pu se faufiler à travers Paris pour trouver sa place dans son lit. Et Manon, trop heureuse de le retrouver, le ramenait peu à peu dans le droit chemin.

L’alcool décuplait ses sens. Chaque coup de langue était un délice dans ce calice si accueillant, si doux, sans un poil. Il aurait pu rester des heures et des heures à bouffer ce con. A rebours, sa bite lui envoyait des sursauts de plaisir tel qu’il avait du mal à contenir le fond de ses couilles.

Pour lui, c’était impossible que ce soixante-neuf improvisé, était réel. Il rêvait d’un songe si agréable. C’était la seule raison possible. Et il allait tout faire pour en profiter au maximum.

              – Ta queue, merde ! Elle est vraiment bonne… longue… épaisse comme je les aime. Manon a vraiment de la chance de pouvoir s’amuser avec. J’espère qu’elle fait bien sa salope.

Fabien maugréa face à la fraicheur de la nuit sur sa bite. Et tout s’envola. La vulve s’évapora de son visage, laissant un froid sur les zones humides de sa barbe. Les yeux grands ouverts, Fabien vit le plafond. Blanc. Sans rien d’autre. Pas de tâches. Rien. Il y eut du mouvement sur le côté puis elle murmura.

              – Tu vas faire jouir si tu continues…

Il passa sa main sur ses yeux, se demandant s’il avait bien entendu. La chaleur reprit sur sa queue. 

              – Crr, crr… pff…

              – Mon dieu, jura Fabien.

Il se mit sur les coudes pour voir sa bien-aimée en plein travail sur son sexe. Mais ce n’était pas Manon. C’était une blonde aux longs cheveux… qui enchainait pompe et gorge profonde.

              – Euh… commença-t-il, ayant du mal à intégrer le fait qu’il se faisait tailler une pipe par une autre femme.

Entre ses jambes, Nadège apposa ses deux mains sur la verge et descendait lentement de bas en haut avec une extrême application. A n’en pas douter, une déformation professionnelle, de cette professeure de sport qui prenait son travail à cœur.

Vaincu, il s’allongea à nouveau, laissant le bien être l’envahir. Il rêvait. Ce n’était pas possible autrement. Pas maintenant. Pas avec elle.

              – T’as une capote ? demanda la coach.

              – Hein ?

              – Une capote ? répéta-t-elle en branlant énergiquement la bite.

              – Pour ?

              – M’enfiler. Et bien comme il faut avec ton truc là. Tu m’as bien chauffé comme un gros porc, je t’ai sucée comme une pute et tu crois qu’on va rester sagement installer là à enfiler des perles ? Tu vas me la mettre et bien au fond.

              – Je…

Avec un sursaut de culpabilité, Fabien essaya de recoller les morceaux sur la fin de soirée. Il ne se souvenait plus de rien, s’il avait ou non chauffé Nadège. Vu le début de soirée, c’était fort possible… mais… mais… Manon. Nadège piqua du nez sur sa tige, le sortant de sa réflexion. Une chose à faire. Arrêter tout. Et surtout la suite.

              – Pas de capotes, souffla-t-il, le bien être sur le bout du gland.

              – Hum…s’étonna-t-elle en lui jetant un regard, sa bite dans la bouche.

              – Non, j’en ai pas, répéta-t-il plus fort, espérant qu’elle arrête.

              – Merde, les mecs ! Jamais prévoyant ? Mon homme, il a toujours des capotes au cas où une petite catin a besoin de se faire remettre en place.

Puis, plus rien. La chaleur partie, le clic-clac s’agita. Il avait réussi. Il tourna la tête. Dans le salon, Nadège se baladait nue.

              – Il est où, merde ! s’énerva-t-elle. Ah !

Elle se pencha en avant, laissant la visibilité sur son petit cul bien musclé, qui se contractait et se relâchait aux rythmes de sa recherche. Elle farfouilla dans son sac à main pendant une bonne minute et Fabien ne put s’empêcher de se toucher. Bandant comme un taureau, il était surpris de sa vigueur après autant d’alcool dans le sang.

              – Tu as de la chance ! s’excita-t-elle en revenant à côté de lui.

A genoux, elle lui montra un petit pot qu’elle déposa au niveau de sa tête. Elle l’ouvrit et plongea l’index et le majeur dedans. Elle le ressortit une masse informe et sirupeuse. Passant sa main au-dessus de sa croupe, elle écarta une de ses fesses et passa ses doigts entre… direct dans le trou.

              – J’en ai toujours un pour les cours de boxe. Tu sais pour mettre les gants.

Les yeux bien loin de ses trous, il essaya de déchiffrer l’étiquette pendant qu’elle reprenait à nouveau de la substance.

              – Vase…

              – …line. Tu sais lire bravo ! se moqua-t-elle.

              – Mais c’est pour…

              – Tu aimes l’anal ?

Fabien lui jeta un coup d’œil. Elle le regardait avec le sourire pendant qu’elle s’étalait de la vaseline sur son trou du cul. Elle n’y allait pas par quatre chemins et s’enfonçait les doigts dans le trou.

              – En même temps, je m’en fous, ricana-t-elle. Tu vas me mettre ta bite au fond du cul, point final.

Elle retira ses doigts, les ramena à son nez et renifla. Elle secoua les épaules et sourit.

              – A ton tour, maintenant !

Elle passa ses jambes au-dessus de lui et s’assit sur ses jambes. A son poignet, elle prit son élastique et attacha ses cheveux. Le sourire au coin, sa petite poitrine le regardait. Elle prit à nouveau de la vaseline, en se penchant vers lui et l’étala sur le gland et la tige, en se redressant. Applicative, elle branlait la verge bien lentement pour que la substance pénètre bien en profondeur. 

              – Merde… je vais la sentir passer, rigola-t-elle. Combien tu mesures ?

Elle écarta son pouce et son index et les posa sur la tige pour mesurer. Puis elle amena à ses yeux et à son cul.

              – Ah oui, tout de même. Tu veux voir quand ça rentre dans mon trou du cul ? Oui, tu veux, comme tous les mecs. Aller cadeau.

Elle se retourna dans un ballet de jambes et il se retrouva face au dos musculeux de celle-ci. Elle se pencha en avant, laissant s’ouvrir ses fesses quelque peu. Elle se remit deux doigts dans le fion et se doigta.

Il se retint de lui écarter par ses gros doigts ce petit trou bien noir.

              – Tu frétilles de la bite, ricana-t-elle, en lui touchant. Elle a surement hâte d’être dans mon fion, non ? Je ne vais pas la faire plus longtemps patienter, alors !

Elle se releva et s’accroupit au-dessus de son bassin comme si elle allait pisser. Ce fut tout le contraire. Elle attrapa la queue, la branla et pointa le gland vers l’entrée de son anus. Il vit sa bite se faire lentement aspirer par ces fesses.

Nadège s’assit doucement sur sa queue. La chaleur reprit sa place sur son sexe. La pression bien plus forte en plus. Au fur et à mesure de la descente, l’étau anal de la coach le comprimait. Elle râla d’aise pendant qu’il se retenait de jouir de cette enculade.

              – Tu es gros, merde !

Il lui attrapa les fesses, pour les écarter un peu plus et surtout pour se voir entrer en elle par le chemin interdit. Il se délectait de cette sodomie surprise. Heureusement pour lui, l’alcool faisait encore effet et il ressentait moins le plaisir. Sobre, avec la fellation plus la sodo, il aurait craché en moins de deux.

              – Vu le braquemart, demain, je boite, souffla-t-elle en se l’enfonçant jusqu’à la garde.

Le sourire contrit mais satisfait, Fabien était content de faire du bien par ce côté-là. Lui qui ne le faisait que très rarement et seulement pour son plaisir, au moins, là, il lui écartelait les parois pour son plaisir à elle.

Le cul remplit, Nadège remonta une première fois. Plus rapidement, râlant de contentement quand elle recracha toute la tige de son cul.

              – Putain de merde… marmonna-t-elle.

Elle se retourna, reprit de la vaseline et s’en appliqua sur l’œillet et sur la bite. Puis, elle recommença à nouveau, plus rapidement, poussant l’enculeur dans ses retranchements. Son popotin remua de plus en plus rapidement, laissant tout le plaisir des yeux à Fabien de voir sa queue rentrer et sortir d’un trou du cul.

              – Tu aimes mon cul ? demanda-t-elle en agitant son derrière.

              – Oui…oui, murmura-t-il avec un grand mal à faire deux choses en même temps.

              – C’est bon, merde !

En plein milieu du salon, dans un clic-clac, Fabien enculait Nadège dans les grandes largeurs. Si Chloé ou Christian sortait, ils ne pourraient pas mentir. Les deux baisaient salement et ils kiffaient.

              – Profite bien de la vue, je ne vais pas tarder à jouir, avertit-elle. Je suis en chien là !

Nadège attrapa les mollets de Fabien. Elle accéléra le rythme de la pénétration anale. Harponné, le cul s’enfonçait sur la tige. Montée. Descente.

              – Tourne-toi et montre ta chatte, dit Fabien, clairement.

              – Monsieur fait le pervers, hein ?

              – Je vais surtout bientôt jouir !

La queue toujours dans le fourreau, Nadège se retourna vers lui, écartant largement les cuisses. Les lèvres bien roses et bien charnus, laissaient entrevoir un bouton assez imposant et un trou bien cacher. Il lui reprit les fesses pendant qu’elle s’enfonçait. Il ne perdit pas une miette de cette plongée qui écartait son con par la même occasion.

              – ça te plait que je sois ouverte comme une pute pour toi ? Pervers va ! Tu caches bien ton jeu !

 Elle posa son index et majeur sur son bouton et fit un tour doucement.

              – Oh putain, j’ai le clito tellement…

Elle frotta plus rapidement pendant que Fabien prenait le contrôle de l’enculade.

              – Oh, tu vas avoir à la spéciale, toi !

Nadège était toute rouge, la main qui s’agitait bien fort. Fabien n’était pas mieux. Comme si les deux arrivaient en même temps sur la ligne d’arrivée, l’orgasme les assaillit en même temps. Nadège poussa un long cri libérateur, libérant dans la foulée un filet de cyprine. Fabien surpris, reçut ce jus de chatte sur le visage et éjacula tout son foutre au fond de son arrière train. Dans un rugissement tapageur, il lui redécora son derrière.

Puis, tout s’arrêta. Seules leurs respirations animaient cette fin de baise animale. Nadège se releva quelque peu, le sourire aux lèvres, toujours le cul remplit d’une bite.

              – Quelle baise, merde ! murmura-t-elle en se désenculant, le sperme coulant sur les couilles de Fabien.

Elle fit le tour et s’installa dans les bras de Fabien. Elle posa sa tête sur son torse et écouta son cœur.

              – Merci, pervers ! susurra-t-elle en lui faisant la bise.

              – Merci à toi, coach.

Elle se retourna et s’endormit de son côté. Comme une masse qui lui aurait frappée dessus, Fabien sombra rapidement.

**

Le matin était bien avancé quand sa tête le réveilla. Une douleur lancinante lui comprimait le crâne. En même temps que l’odeur du café lui réveillait les papilles, sa nuit agitée lui revint en mémoire. Des flashs. Nadège, sa bouche sur sa queue. Sa chatte sur sa bouche. Puis, Nadège s’enculant sur lui. Et enfin, la libération et l’éjaculation au fond de ses fesses. 

Fabien tourna la tête rapidement, la peur le rattrapant. Vrille et tambourinement dans toute sa tête, il se crispa et se retint de grogner.

              – Plus jamais, murmura-t-il à lui-même, un léger sourire au coin.

Il était seul dans le canapé convertible. Aucune trace de Nadège ou d’une quelconque autre personne. Il leva la couette. Ses bras le tirèrent sans réellement comprendre pourquoi. En T-shirt et boxer, il n’était pas nu donc aucun dérapage possible. En silence, il remercia sa bonne étoile.

              – Sacré rêve, ricana-t-il en se levant du lit.

C’était un doux songe. Un de ceux qu’il repensera durant ses prochaines séances avec lui-même. Et il se rappelait du vocabulaire, comme elle, brut et sans chichi.

Il chercha son jean et le reste de ses affaires sur le sol. Manon lui avait écrit.

M : Comment fut cette soirée anniversaire, mon cœur ?

Il prépara sa réponse et se retint. La douleur à la tête était infernale et une tasse de café allait faire décanter le tout. Il quitta le salon et se rendit à la cuisine. La main sur la porte, le doute s’installa. S’il n’avait pas rêvé ? Si Nadège se trouvait de l’autre côté ? Si…Il hésita. Puis, les voix de Christian et Chloé s’élevèrent, le ramenant sur le sentier de la certitude. Il ouvrit la porte et les trouvèrent en train de préparer le petit-déjeuner. Juste tous les deux. Il fut rassuré et pénétra à l’intérieur.

              – Bonjour les amoureux. Bien dormi ? demanda Fabien, avec bonne humeur.

              – Bonjour toi, répondit Christian en déposant une corbeille de croissant sur la table. Très bien et toi ? Vu la soirée, je n’ai pas de doute…

              – Ah… j’ai été…

              – … infernal, rigola Chloé.

              – Désolé, j’ai très peu de souvenirs…

Il prit place à table pendant que Chloé servait du café dans trois tasses. De l’autre côté, Christian déposait des verres de jus d’orange frais.

              – C’est peut-être mieux ! Un véritable Don Juan, surtout avec Flora.

              – Ah merde… à ce point ?

Les deux amoureux se regardèrent avec complicité et se sourirent.

              – Sans Manon, tu es un électron libre, ajouta Christian.

              – Plus que ça… Heureusement Nadège a bien su te recadrer.

              – Trente pompes, non ?

              – Cinquante ? Tu n’en menais pas large et c’était assez marrant à voir. Yvan s’est bien foutu de ta gueule.

              – Ah ouai ? Vraiment aucun souvenir !

Fabien prit la tasse à café et réchauffa ses mains dessus. Il avait l’impression de revivre sa soirée en tant que spectateur.

              – Après ta séance de sport, tu étais bien plus sage, ricana Christian. Elle te surveillait et au moindre écart, elle te faisait faire dix pompes.

              – Toujours la même, ajouta Chloé avec un grand sourire. Le chemin du retour était pépite aussi. Rond comme un ballon, Nadège t’a même porté dans les escaliers.

Dès qu’elle prononça cette phrase, il revit le moment. Ce grand escalier. Les trois étages. Tout qui tournait et tanguait. Et cette envie de tout vomir. Il s’était retenu par quel miracle, il n’en savait rien.

              – Oh… la honte, merde. Désolé de mettre mis minable.

              – Honnêtement, on était mort de rire. Sans ta belle, tu te permets plus de choses.

Christian lui lança un sourire des plus accusateur. La culpabilité envahit Fabien et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi. Ce n’était pas possible. Il n’avait pas pu. Il n’avait pas trahi la confiance de Manon pour… un cul ?

Il porta la tasse à sa bouche et but une gorgée. Le café chaud lui brula quelque peu la bouche et la gorge et cette douleur lui fit du bien.

              – Ah oui… j’ai abusé. Et Nadège est repartie ensuite, c’est ça ? demanda-t-il avec curiosité.

              – Non, non ! Elle a dormi avec toi ! Tu ne t’en rappelles pas ? En même temps vu comment tu étais bourré, rigola Chloé.

              – Ah… euh… non. Vu qu’elle n’était pas là au réveil, j’ai cru que…

Son rêve s’effondra pour devenir réalité. Tout concordait pour lui montrer qu’il avait enculé une amie. Tout. Sauf… qu’il était habillé au réveil.

              – Ah oui ! mais non ! rajouta Chloé. Nadège avait un cours ce matin. Elle s’est levée hyper tôt puis elle est allée chercher les croissants. Et hop, elle est repartie.

              – Ah oui… les croissants, souffla Fabien en croquant dans l’un d’entre eux. C’est gentil de sa part !

              – Tellement ! Il faudrait l’inviter plus souvent à dormir, renchérit Christian.

              – Et moi ? sourit Fabien.

              – Euh… oui, bien sûr !

Et les trois rigolèrent tout en petit-déjeunant. Toujours ailleurs, Fabien essayait de peser le pour et le contre. Et rien n’y faisait, il n’était pas sûr de lui.

Une vingtaine de minutes plus tard, il retourna au salon et prit cinq minutes devant le canapé, à le regarder, vide de sens. Les draps défaits, il regarda autour, la moindre trace de sperme ou autre. Rien. Il prit son téléphone et vérifia qu’il n’avait pas fait de conneries. A part des émoticônes équivoques envoyer à Manon et son message, rien de compromettant.

              – Non, tu n’as rien fait. Ce n’était qu’un rêve. Certes, réaliste. Mais juste un rêve.

Il enleva la couette et les oreillers. Un morceau de papier virevolta et tomba par terre. Il se pencha et le ramassa. Il l’ouvrit et vit le message.

N : Bien docile pour t’habiller quand tu es bourré. J’espère que tu l’es moins à jeun. N’oublie pas les capotes la prochaine fois. Nadège 0617******.

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