1er Juin 2012, il était dix heures du matin et une masse d’élèves se bousculait sur le tableau d’affichage. Dehors, la température augmentait. Devant moi, c’était l’effervescence.
La boule au ventre, j’attendais mon tour. Puis, le moment tant redouté, arriva. Il n’y avait plus personne en face de moi. Juste le tableau.
J’avançais à reculons, mon destin, juste en face.
Trois feuilles s’alignaient, les unes à côté des autres avec en gros titre : « Licence de mathématiques années 2011/2012 ». Je déglutis et croisais les doigts intérieurement afin de trouver mon nom sur cette foutu liste. Après trois années longues et intenses, je devais être dessus. Il n’y avait pas d’autre alternative.
La descente commença comme un rappel de mes échecs passés.
– Laffont, Laffont, Laffont, murmurais-je, mon doigt en descendant la première feuille.
A côté, la fébrilité était à son comble. Des cris s’élevèrent. Le plus souvent de joie, d’autre de colère. La première liste s’achevait presque.
Rien. Le doute s’immisça. Les beuveries du samedi soir me revinrent en mémoire. Les lundi matin difficile à suivre le professeur. Les travaux dirigés tard le soir. La difficulté de suivre et de poursuivre pour avoir un but : le diplôme.
Haut de la seconde feuille. A nouveau le calvaire de la descente.
– Là, soupirais-je, en voyant enfin mon nom sur la deuxième liste.
Je tapotais deux fois le tableau pour marquer ma ligne de ma certitude. Oui, j’étais là. Bien là ! Je libérais un petit ricanement salvateur. Je pris mon téléphone et fis une photo pour prouver à qui voulait ma licence. Le poids de ma culpabilité s’envola.
Une bonne chose de faite.
– Alors Diddier, tu l’as ? me demanda un camarade de classe.
Je tournais la tête devant… La honte, j’avais bossé avec lui sur un devoir et il m’était impossible de remettre un prénom sur sa figure.
– Oui et toi ? lui souriais-je, légèrement gêné.
– Rattrapage… La semaine prochaine… souffla-t-il.
– Aie…
Je ne savais pas quoi lui dire de plus. Bonne chance ? Vraiment malvenu. Surtout si proche du but. Une tape amicale ? Encore pire vu qu’il m’était inconnu.
Il me sourit. De ce sourire mi-éteint, mi-désabusé. A sa place, j’aurai explosé…intérieurement.
La bouche close, je jouais la tristesse avec lui en fixant mes chaussures.
– Ouai… Tu fais quoi l’année prochaine ? Un master ? me demanda-t-il.
– Aucune idée ! J’en ai un peu marre des cours…
– Ouai… Au moins, tu as ta licence…
Et il partit sans rien dire de plus, trainant des pieds. Il me faisait de la peine ce mec inconnu.
Pour me sortir de ma culpabilité, je parlais à deux autres camarades et le calme revint rapidement dans le couloir de l’université.
L’année scolaire était finie et j’allais enfin pouvoir profiter des vacances. Je composai le numéro d’Adam. Au bout de la troisième tonalité, il décrocha.
– Salut mec ! C’est bon ! lui annonçais-je timidement.
– Salut Diddi, super nouvelle ! explosa-t-il. C’est bon pour ce soir alors ?
– Ouai, je viens à quelle heure ?
– 19h30. Le temps de prendre Michel et Yvan, on y sera pour 20h30.
– Super !
– Hé, Diddi ? Tu te fais beau. Ce soir, tu sers !
– On verra, soupirais-je.
De l’autre côté du combiné, Adam soupira et laissa le silence s’installer.
– A toute, Adam, murmurais-je.
Et nous raccrochâmes en même temps. C’était mon meilleur ami depuis de nombreuses années et mon célibat le désespérait. Pour lui, c’était la bonne époque pour en profiter. Il me poussait tout le temps à sortir, à voir du monde et à essayer d’aller au-delà de moi-même avec les filles. C’était comme si, il s’était mis le challenge de me caser.
Et chaque fin de soirée, j’en revenais plus triste de n’avoir rien fait…
Mon gros problème : les filles.
Déjà, il faut entamer la discussion. Et là, bon, je n’étais pas bon. Mais alors pas bon du tout. Un bégayement dans le meilleur des cas. Une grosse connerie dans le pire.
Ce n’était pas de ma faute. Une fille quand elle me regardait, elle m’intimidait. Dès que nos regards se croisaient, je perdais mes moyens. Et quand cette partie se passait sans trop d’embuche, ma tête me faisait des siennes.
Je n’y pouvais rien. Dans ma tête c’était le bordel et surtout j’imaginais la suite. Pas la suite de la discussion. Non, la suite quand elle se mettrait à quatre pattes à mes pieds pour se faire prendre. Mon coup de bite dans son con bien serré. J’y allais avec entrain. Et là…là, j’étais perdu. Mes moyens envolés, je n’arrivais plus à réfléchir et à dire quelques choses de sensées.
Alors, vaincu par mon propre silence, la nana me regardait, gênée et filait droit vers ses copines. Les pieds raclant le sol, je me dirigeais vers mon seul allié : le buffet. Et j’y restais jusqu’à la fin.
Yvan, mon deuxième ami, m’avait conseillé de regarder plus de porno. Pour lui, il va fallait manger « cul », respirer « cul » et vivre « cul » pour être un véritable baiseur.
« Après, tu verras, tu voudras juste la fourrer et tu ne réfléchiras plus ! » m’avait dit Yvan, un verre à la main durant une de nos soirées où pour une fois, il avait gardé son TShirt sur les épaules.
Si seulement, il savait.
Le porno, la branlette, c’était ma seconde nature… depuis de nombreuses années c’était au minimum une heure par jour. Tout y passait : des nanas seule ou à plusieurs avec des hommes et des hommes.
Et à chaque fois, le même constat : il y avait des chanceux.
La bite à la main, la souris de l’ordinateur dans l’autre, je m’imaginais à leur place. C’était si simple dans ses vidéos. Il n’y avait qu’à s’approcher de cette nana, lui faire un sourire, lui dire « Tu baises ? » et là, je la défonçais. Je la tringlais comme elle le souhaitait durant le temps qu’elle voulait.
Et toujours à la libération, la même rengaine. Je me sentais comme un nouvel homme. Un homme de confiance. Un homme prêt à affronter sa libido et à baiser toutes les petites chattes qui miauleraient à ses pieds.
Mais la réalité me rattrapait toujours. Et à chaque fois en soirée, le buffet m’accueillait les plats ouverts.
A 19h30, j’étais devant la piaule d’Adam. Il sortit de là, avec sa chemise en lin et le jean parfaitement taillé. Il faisait bien le bobo parisien et il transpirait la confiance en lui. Ses études en finance l’avait bien fait grandir…le chanceux.
– C’est cool que ta mère ait bien voulu te prêter la voiture ! me dit Adam en rentrant, à côté de moi.
– Elle n’avait pas trop le choix, rigolais-je. Elle voulait être tranquille avec son mec du moment.
– Et ta petite sœur ?
– Soirée pyjama, avec des copines.
– C’était ta destinée, Diddi !
– Pas de ça, à la soirée, hein ?
– Oui, oui. Go, go, go ! Sinon, on va être en retard.
Nous prîmes la route comme deux jeunes de vingt deux ans, prêts à faire la bringue. Enfin lui, pas moi.
– Au fait, c’est la soirée de qui ? demandais-je.
– Euh…je n’en sais rien, ricana Adam. De Mélissa ou Mélinda… un truc dans ce genre.
– Un de tes plans cul ?
– Ouai… si on veut. Elle veut qu’on se revoie et vu qu’elle organisait une soirée. Je lui ai demandé si vous pouviez venir.
– Toujours dans les bons plans, souriais-je
– Tu ne le savais pas depuis le temps ?
Nous récupérâmes Michel, quinze minutes plus tard. Il était au téléphone et nous fit signe d’avancer. Puis, il raccrocha.
– C’était Yvan ! souffla Michel.
– Mais on va le voir dans vingt minutes, m’étonnais-je.
– Ouai, c’est ça le truc. Il s’est engueulé avec Fatima.
– Ah…
– Il va être en forme, soupira Adam.
– Tout à fait ! ajouta Michel. Il m’a dit texto « Ce soir, je baise ! »
Je ne pus m’empêcher de rire. Yvan, le larron de la bande. Toujours à blaguer, à faire en sorte d’être le centre de l’attention. Et le plus souvent, il y arrivait. Même si c’était gênant, il le faisait. Et avec Fatima, sa fiancée depuis des années, c’était toujours en dent de scie. Il n’y avait pas une semaine sans qu’il nous annonce que leur relation était dans le mal ou que leur histoire allait bientôt se finir. Et depuis cinq ans que je le connaissais, rien de toutes ses prédictions n’étaient arrivées.
Yvan attendait devant la porte de son immeuble, une bouteille de whisky déjà bien entamé. Il entra dans la voiture sur les chapeaux de roues, l’haleine déjà bien chargée.
– Hop, hop, hop, les mecs ! Ce soir, c’est soirée célib’, s’écria-t-il en pointant sa bouteille au plafond. Mets la musique à fond les ballons, Diddi !
Avec Adam et Michel, nous nous regardâmes. Et dans un silence communicatif, nous explosâmes de rire. Et chacun gueula « Diddi » en cœur. C’était la honte. La meilleure de toute. Celle avec ses meilleurs amis.
Peu avant 21h, nous nous retrouvâmes devant les grilles d’une grande baraque de Neuilly. Michel avait réussi à calmer les ardeurs d’Yvan, pendant qu’Adam pianotait sur son téléphone portable. Adam composa le code et la petite porte s’ouvrit.
– Messieurs, dit-il avec un grand sourire.
Derrière, il y avait une grande cour avec une belle bâtisse. Jardin à la française, du gravier bien uniforme et un manoir de deux étages. Devant une petite fontaine, une immense entrée avec deux grandes portes en fer forgé et un grand perron. C’était la classe.
Connaisseur, Adam nous guida jusqu’à l’intérieur, où la musique était déjà bien forte. Un grand escalier nous accueillit. Un groupe de filles y discutait, un verre à la main et nous regarda passer. C’était étrange de se sentir reluqué de la sorte. Yvan voulu entamer la conversation mais Michel prit les devants et passa son bras au-dessus de lui pour suivre le mouvement.
Adam prit juste à droite, où il y avait un immense couloir. Au fond, la musique était bien plus forte. Dans le salon aménagé, il y avait une large piste de danse bien remplie et des chaises aux quatre coins.
Juste en face de nous, une grande baie vitrée donnait sur une immense terrasse. De nombreux mecs sirotaient des bières et discutaient, fumant des choses plus ou moins légales. Et juste derrière, un jardin tout aussi extravagant.
– Je vais voir Mélissa ou Mélinda, me dit Adam à l’oreille.
– Je vais prendre à boire, dit Yvan.
– Je vais danser, il y a une jolie blonde qui… m’avertit Michel
Il ne finit pas sa phrase, guidé par ses pulsions hormonales. La musique était bonne et il y avait des belles nanas sur la piste de danse. Je me prenais petit à petit au jeu et tapota du bout du pied en fonction du rythme.
Le buffet était à droite et il n’y avait pas grand monde pour le moment. J’y allais pour me donner un peu plus confiance. Et puis ma branlette d’avant fête, m’avait donné faim. Une faim de loup même.
– A ta licence ! me dit Yvan en revenant avec une bière.
– On n’attend pas les autres ? répondis-je en la prenant.
Yvan se retourna et d’un mouvement de tête, me montra Adam et Michel. Le premier était en train de discuter avec deux nanas bien en chair, qui n’étaient pas indifférentes à ses charmes. Le second se démenait sur la piste de danse avec une blonde.
– Et toi alors ? me demanda-t-il. C’est quand que tu…
Il mima l’acte de baiser avec les bruitages. Toute la délicatesse d’Yvan en un seul geste.
– Ça vient, ça vient ! En tout cas, tu ne perds pas le Nord, ricanais-je.
– Eux non plus…
Je regardais mes deux amis, à nouveau. Et c’était vrai, il ne perdait vraiment pas le temps. Et qu’est-ce que je foutais ?
– En plus, il y a de la bonne chatte, ce soir, mec. Tu vas me faire le plaisir de lever un de ses petits lots.
C’était toujours difficile de garder son sérieux avec lui. Il avait toujours l’habitude de dire ce que tout le monde pensait tout bas.
– Bon, j’y vais, me dit-il en buvant une gorgée et s’éclipsant en même temps.
Il m’énervait. Yvan avait un don. Le don que tout homme rêverait d’avoir. Celui de désarmer une jolie demoiselle en une phrase et avec charisme. Ce n’était pas le plus beau, ni même le plus grand mais il arrivait toujours à avoir ce qu’il voulait. Enfin, c’était ce qu’il nous disait.
Je m’empiffrais dignement de tout un tas de conneries quand je me décidais enfin, une dizaine de minutes plus tard, à gagner l’immense terrasse.
L’œil perdu au loin dans le magnifique jardin, je réfléchissais à la suite. Avec une licence en poche, je pouvais continuer mes études pour aller jusqu’au master. Une petite voix me disait d’arrêter. Cette dernière année avait été dure et intense. Je n’avais plus envie… plus envie de bosser et de réfléchir. J’avais envie… envie de…
– Fais chier, murmurais-je au bout d’un moment.
– Tout va bien ? me demanda une jeune femme derrière moi.
Je tournais la tête et elle s’arrêta juste à côté. Elle me lança un sourire charmeur avec des yeux pétillants de malice. Dans sa robe rouge à pois blanc filant ses longues jambes bien roulés, je me sentis con dans mon jean délavé et ma chemise à moitié froissé.
Son regard me transperça tout en me désarçonnant. Son décolleté me disait bonjour avec cette poitrine bien généreuse.
« Elle attend une réponse, ducon. » m’écriais-je intérieurement.
– Oui, oui, tout va bien, répondis-je entre deux souffles. Juste des questions existentielles.
Mais quel con. Super l’amorce. La fille était splendide et je commençais directe avec de la philosophie. Tout tremblant, de la mousse s’échappa du goulot de ma bière et s’écoula sur mes doigts. Elle pouffa de rire et se pencha vers moi pour tendre une serviette.
– Merci, murmurais-je, en essuyant rapidement la bière.
Je réfléchis à vive allure pour trouver quelque chose à lui dire. Mais les mots s’entrechoquaient pour ne donner qu’un sacré bordel. Du Diddier tout craché.
– Belle soirée, n’est-ce pas ? dis-je, pitoyablement.
– Comment ?
– La musique est bonne, recommençais-je en bougeant des épaules.
Elle pouffa de rire à nouveau face à mon déhanché de planche à bois. Je rigolais aussi.
– Mouai, ça va… Un peu trop forte, me répondit-elle, le regard toujours vers le jardin.
Et la médaille du meilleur départ pour draguer était attribué à « Diddier Laffont».
Le vent souffla. Ses cheveux volèrent et son parfum musqué me titilla les narines. Elle tourna la tête vers moi et nos regards se croisèrent. Une décharge électrique. Légère et intense. Je me rapprochais d’elle. Mes pensées firent leur petit bonhomme de chemin quand…
– Agathe ! s’écria une jeune femme derrière elle. Agathe.
Elle ne se retourna pas et continua de me fixer. Elle se pencha et me déposa un baiser sur la joue.
– A tout à l’heure, me murmura-t-elle.
Son amie lui prit le bras et elles s’éloignèrent. J’étais toute chose de cette rencontre. Il s’était passé un truc et je n’arrivais pas à dire quoi. Je devais tirer mon coup ou sinon, j’allais finir par devenir fleur bleue.
Je ne quittais pas Agathe des yeux. Elle avait un beau petit cul qui ne demandait qu’une chose : une petite claque. Je perdais le fil. Et en même temps, c’était tellement bon…
A quelques mètres de là, les deux jeunes femmes eurent une discussion animée et son amie s’échappa de mon champ de vision, en furie. Agathe se retourna et vit mon regard. Elle revint vers moi en ligne droite sans me quitter. C’était impressionnant, j’avais l’impression d’être la proie d’un prédateur.
Elle se planta devant moi et me tendit la main comme une princesse.
– Agathe… mais tu as dû le deviner, rigola-t-elle.
– Euh…oui, répondis-je en lui prenant doucement la main. Diddier, avec deux D.
– Avec deux D… répéta-t-elle.
Elle laissa la phrase en suspens mais son regard voulu tout dire. C’était chaud. Non, brulant même.
Je pris mon temps pour lui baiser la main. Elle était douce comme son décolleté qui était bien plongeant. Aucun rapport certes mais dans mon boxer, il en trouvait un.
Mes yeux lorgnèrent ses vallons, imaginant ma langue parcourir sa peau pour s’y perdre. Incrédule et bouleversé, je lâchais la main dans un silence tendue.
Je me maudis. Pourquoi n’avais-je pas la tchat d’Yvan ? Ou même l’assurance d’Adam ? A chaque fois, ma tête se remplissait de…
A nouveau, Agathe se pencha pour me dire quelque chose à l’oreille…
– Hé Diddier, je ne t’ai pas raconté la dernière ! m’interpella Yvan, en arrivant en catastrophe sur la terrasse. Hier soir, j’ai fourré une…
Il passa à côté d’Agathe sans se soucier de la belle et continua son fantasme. Agathe explosa de rire. Quelle douceur pour les oreilles ! Et le rouge qui lui coloriait les joues, était une splendeur pour les yeux. J’avais bien envie d’y croquer dans cette pomme d’amour
Yvan se retourna, pris au dépourvu quand il remarqua Agathe. Enfin presque ! Il savait se rattraper.
– On se connait ? dit-il en tendant sa main, l’air affable, le sourire au coin.
– Non, pas encore, répondit-elle. La demoiselle a du bien avoir mal ?
– Au contraire, elle a pris son pied ! Et ma bite au passage.
Yvan était content de sa blague et pouffa de rire. Agathe était resplendissante, intéressée par ce qu’Yvan disait. Je n’existais plus…j’avais perdu…Encore.
– Ah oui, pouffa-t-elle. Rien que ça ! Tu n’as pas fait semblant. Mais tu aurais dû y aller encore un peu plus fort.
Elle s’accouda un peu plus sur le balconnet, laissant entrevoir un peu plus les montagnes de ses délices. Il n’en fallait pas plus pour rendre fou Yvan. Il s’y accola aussi, se tournant complétement vers elle, me présentant son dos.
– Je t’aime bien, lui dit-il.
Et il continua sa danse l’amour comme il savait si bien la faire. Agathe était splendide et rigolait à toutes ses blagues et il toucha le bras, comme si c’était une vieille amie. Elle ne fit rien et laissa faire.
Puis, ce fut à son tour de lui montrer toute la splendeur de son langage. Aussi cru que lui, elle lui conta ses expériences. Fallacieuse, délectable, elle savait très bien manier les mots.
Une petite perle dans l’univers.
Et j’y avais cru…
Mais depuis le début, je n’étais pas dans le jeu… Célibataire depuis un petit bout de temps, je n’avais aucune histoire salace à raconter. Sur le banc de touche, j’y retournais… à ma place.
Comme un décor, je fondis à l’intérieur où la musique se faisait plaisante. J’allais vers mon réconfort : le buffet.
Quelqu’un me bouscula. Une blonde. Celle de Michel. Avec ses yeux bleus, sa poitrine généreuse, et un sourire bien enrobant, j’eus un sursaut d’envie. Elle était seule. C’était surement ma rédemption.
Elle s’excusa en anglais. J’essayais de parler mais elle m’interrogea du regard. Puis elle rigola. Son rire était aussi clair que ses cheveux. Elle s’approcha et me chuchota quelque chose à mon oreille.
Merde ! Du chinois ! Elle me montra la piste de danse. J’acquiesçais, elle me sourit et me donna un baiser sur la joue.
– Sharon ? Demanda Michel en lui tendant une bière. Everything is ok ?
Et elle baragouina quelque chose et retourna sur la piste de danse, la bière à la main.
– Elle est géniale, me soupira Michel. Sexy en plus.
– Américaine ?
– Non, anglaise. C’est une chaudasse. Sur la piste, elle s’est bien collée à moi…ricana-t-il. Je vais me la faire. Je suis allé voir Adam pour une capote.
Il me montra sa main avec un préservatif. Le chanceux.
– Tant mieux, lui souris-je, jaloux. Tu as bien raison de profiter !
Mais il n’était pas le seul. Sur la piste, Adam dansait avec deux nanas qui se collaient à lui dans une danse bien langoureuse.
– Bon, j’y vais, me dit Michel, en s’éclipsant rapidement, prenant le bras de Sharon.
– Une petite danse ? me demanda une voix derrière.
C’était elle. Agathe. Seule et tout autant lumineuse, me tendant sa main. La chance allait-elle me sourire ?
– Volontiers, lui dis-je timidement.
Je posais ma bière et lui pris la main. Douce et chaleureuse, appelant bien plus. La musique était lente et douce, donnant une belle occasion pour rapprocher les corps.
Agathe n’avait pas froid aux yeux et vint directement se coller à moi. Son corps irradiait de chaleur et des petites gouttes de sueurs perlaient entre sa poitrine. Malgré ma faible aptitude à danser, nous trouvâmes notre propre rythme. Elle s’agrippa à mes épaules et se mit sur la pointe des pieds.
– C’était toi que je voulais ! me murmura-t-elle à l’oreille.
Son haleine suave teintée d’alcool excitait mes sens. Je m’enivrais de cette liqueur, bien plus alcoolisé que toute autre. Ses lèvres devaient être aussi douces que ses mots.
Je les fixais, envieux.
– Ah bon ? me surpris-je à lui répondre.
Quelles phrases de cons… des fois, je me demande comment j’en suis arrivé là…
– Derrière ton côté timide, je vois un animal farouche, me susurra-t-elle. J’aimerai bien le voir…ce soir.
Animal ? Avait-elle vraiment vu l’obsédé qui était au fond de moi ? C’était difficile en une simple conversation.
Ce petit jeu de chat à la souris commençait à m’échauffer.
– Il ne faudrait pas me pousser aux vis, mademoiselle Agathe, lui dis-je au creux de l’oreille.
– Au contraire, j’aimerai bien m’amuser, ce soir, me dit-elle en laissant trainé ses lèvres sur ma joue, jusqu’au coin de mes lèvres.
Elle éloigna pile au bon moment de la conclusion.
Le tempo accéléra doucement. Assez pour tenter une approche un peu plus cavalière. Mais, elle fut plus rapide sur ce coup-là.
Elle se dandina devant moi, collant son joli postérieur contre mon bassin. Mon excitation déjà mise à contribution, redoubla d’effort. Elle ne s’en offusqua pas. Au contraire, elle en jouait pour me faire durcir. Elle se retourna et se colla à nouveau contre moi.
– Dois-je comprendre que tu apprécies ? me demanda-t-elle en baissant du regard vers mon paquet.
Rouge de honte, j’essayais de maintenir le regard. Intense et pénétrant, j’abdiquais. Bon nombre de spectateurs nous regardait. Ou plutôt la matait.
Elle.
Agathe continua son manège pendant cinq minutes. Elle me cherchait, me titillait. Et elle jouait à un jeu dangereux.
Quand l’animal, légèrement alcoolisé se réveillait, il m’était difficile de m’arrêter. Mue par mes hormones, mes mains descendirent lentement le long de son dos caressant au passage ses longs cheveux.
Aux creux de ses reins, ma main prit une pause, attendant le moment opportun pour conclure. Contre toute attente, Agathe ne me laissa pas le choix. Elle prit ma main droite et la posa sur son postérieur. Le mince tissu de la robe laissait le plaisir de tâter un bon cul bien rebondit.
« Elle veut passer à la casserole, cette coquine ! » pensais-je fortement.
Les joues chauffées à vif, ivre d’excitation, j’étais prêt à la saillir sur place.
Avec du recul, elle aurait aimé et prit son pied comme jamais. Des images fugaces de mes nombreuses heures perdus en solitaire sur internet remontèrent à la surface.
Combien de soirées étudiantes avaient-elles dérapé en grande partouze ? Combien de mecs dans ma situation avait juste envie de sortir sa queue et défourailler la nana ?
Juste un fantasme, rien de plus.
Agathe coupa court à mes pensées perverses et se pencha vers moi. Ces lèvres à deux centimètres des miennes. Son souffle m’effleura la bouche.
– On monte ? me dit-elle avec ses yeux d’envie.
Elle passa sa main sur mon torse et descendit sur mon chibre bien bandant. Elle le caressa doucement du bout des doigts.
– Pour jouer tranquillement, me chuchota-t-elle, en prenant entre ses deux doigts, mon gland.
– Je perds souvent, soufflais-je.
– Pas ce soir, me dit-elle en me déposant un rapide baiser sur les lèvres.
Elle se retourna comme si de rien n’était, me prenant la main. Sa bouche bien pulpeuse me faisait encore envie. Quel goût avait-elle ? Et sa langue ? Une saveur propre à elle.
Comme un garçon bien sage, je la suivais sans un regard en arrière. Tout le monde se doutait de la suite mais aucune personne ne vint nous arrêter. Trop jaloux ou peureux pour nous interrompre.
Au grand mot, les grands remèdes. Le Diddier timide n’avait pas sa place.
Elle monta les escaliers en prenant bien soin de rouler du cul. Je passais ma main le long de sa cuisse pour fureter avec la légalité. Elle ricana.
Au premier de la maison, je la poussais gentiment contre le mur et l’embrassa fougueusement. Mes mains volèrent contre sa poitrine et dans un élan de passion bestial, nous n’écoutâmes que notre instinct : celui de nous faire du bien.
Ses lèvres étaient aussi douces que sa peau. Sa langue aussi longue que sa perversité. Au bout d’une dizaine de secondes, Agathe se décolla de notre étreinte et me mit un doigt sur la bouche. Elle se retourna la et montra une porte entrouverte.
Chipie, elle enleva ces talons aiguilles et se faufila jusqu’à la porte légèrement ouverte. Elle me fit signe de la rejoindre. Une raie de lumière passait par là et montrait une scène équivoque.
Michel était en bonne compagnie lui aussi. Assis sur un lit, les cuisses largement écartées, Sharon le gâtait en lui faisant une belle pipe. Elle s’étouffa légèrement quand il lui mit une main sur l’arrière du crâne et appuya.
– Il me plait ce jeu, pas toi ? me murmura Agathe en glissant sa main en dessous de ma ceinture.
Sa petite main toucha mon érection et prit plaisir à me branler légèrement. Elle écarquilla les yeux face à la taille de mon engin.
– Je veux jouer au docteur, miaula-t-elle. Tu viens ?
Connaisseuse des lieux, elle m’emmena à la salle de bain. Experte dans l’art de trouver un intrus, elle passa la pièce au peigne fin. J’entrais, chaud bouillant après son signe de la main. Elle ferma la porte et s’y appuya. Elle ricana puis vint à moi en sautillant. Elle toucha mon torse.
– Au moins, nous serons tranquilles, me souffla-t-elle.
– Sauf pour les envies pressentes, ricanais-je en montrant les toilettes du regard.
– On a une envie très très pressante aussi !
– Oui… soupirais-je, face à cette démone.
– Tu aimes le cul ?
Elle s’assit sur le lavabo et écarta largement ses cuisses, faisant remonter sa robe.
La question fit mouche.
Deux options : La vérité ou la vérité plus plus.
La première, j’aimais le cul. Simple efficace.
La deuxième, plus perverse. Je lui avouais mes trois records du monde à mon actif : le temps passé devant les pornos qui ne se comptait plus, le nombre de branlettes en vingt-quatre heures dont un bon claquage de poignets et ma collection impressionnante de pornos sur mon disque dur externe.
La deuxième option me faisait passer pour un monstre du cul. Je m’avançais droit sur elle, la prenant par la taille, la soulevant quelque peu.
Je prenais la troisième option. La mienne. Celle du nouveau Diddier.
– J’aime ton cul, lui murmurais-je en lui agrippant sa fesse et en l’embrassant fougueusement.
Elle me répondit dans la même intensité, me prenant par le cou. Sa langue me dévorait de l’intérieur, me découvrant à tâtons.
Ses mains défirent les premiers boutons de ma chemise et m’effleura la peau. Elle recula et me regarda droit dans les yeux.
– Pourras-tu suivre mon appétit ? Me demanda-t-elle sérieusement.
Je l’embrassais rageusement pour lui montrer le mien, lui empoignant de ma main libre son sein. Elle s’éloigna encore un peu.
– Je suis insatiable, me souffla-t-elle. Vraiment. Limite nympho…
– Tourne toi et tu verras, lui ordonnais-je sèchement.
La bête qui avait hiberné, refit surface. Agathe me prit au mot et se retourna. Elle se pencha, les mains sur le lavabo et ses yeux me fixaient dans le miroir. Un large sourire aux lèvres et l’interrogation.
Devant mes yeux se dessinait son petit cul bien rond, qui ne demandait qu’une chose : être dévoilé. Ne pouvant plus me contenir, je remontais sa robe, les mains tremblantes à l’idée d’être en elle. Elle ne portait rien d’autre en dessous, comme si elle savait où elle allait finir ce soir. Sa petite raie des fesses partageait en deux parts égales son postérieure. Une irrépréhensible envie de me baisser me parcourra l’échine pour voir son cocon bien mystérieux. Je baissais ma tête, de biais et me rassura. Elle était bien lisse et mouillée comme j’aimais.
Le Diddier penseur refit surface : Et si je n’avais pas été là ? Aurait-elle chauffé un autre mec ? Se serait-elle retrouvée dans la même situation ?
La réponse était claire : Oui, bien sûr que oui !
C’était une habituée des coups d’un soir. Je n’étais qu’un homme de plus sur son tableau. Au moins, elle allait me permettre de me faire du bien dans une femme.
Je secouais la tête. Tout s’envola.
Comme un animal, mon pantalon descendit rapidement sur mes mollets. La pression au niveau de mon abdomen diminua. Agathe se mit sur la pointe des pieds pour voir mon braquemart dans le miroir.
Son regard se fit ardent, plus flamboyant. Elle me perturba un quart de secondes. Se mettre nu devant une femme était toujours une peur. Je n’avais aucunement à rougir avec mes dix-sept, dix-huit centimètres de chair bien dur. Mais il y avait toujours la crainte de voir la femme en rire.
Ce n’était rien de plus qu’une crainte.
Mon boxer tomba, mon sexe remonta comme monté sur un ressort. Une légère odeur de poisson pourri remonta. Je pestais. Comme à mon habitude de branleur professionnel, je m’étais masturbé avant de venir à la soirée pour être moins stressé. Je n’avais pas eu l’idée de me laver le bout du gland ensuite.
Je grognais d’aise de me retrouver enfin libérer. La moiteur de la salle de bain piqua le bout de mon gland. La chair de poule, je lissais la peau sur ma tige. Un courant électrique me soulagea ma peine.
Agathe remonta la tête sans se retourner, pour voir. Comme si c’était le jeu de la découverte. Elle se baissa à nouveau et recula son postérieur un peu plus.
– Qu’attends tu ? me titilla-t-elle. Elle a envie de voir du paysage, non ?
Elle releva encore plus sa robe et ouvrit d’une main son cul. Son con était bien plus visible. Humide et bien gonflé, il attendait impatiemment ma visite. J’aurai pu jouer le difficile. Ne voulait-elle pas jouer au docteur ? Et pour y jouer, il faut prendre la température. Et mon thermomètre était bien rouge, attendant patiemment sa bouche.
Une pipe, j’en rêvais. Je me repris. Jouer l’enfant gâté n’allait pas m’aider à lever cette jeune femme en chaleur. Je m’habillais pour les circonstances.
Je pris mon gourdin à une main et écarta de l’autre, la fesse de la demoiselle. Le bout de mon gland effleura sa vulve gonflée. Les bras d’Agathe tremblèrent. Je jouais deux secondes à me branler entre ces lèvres. Sans prévenir, je m’enfonçais en elle dans toute ma longueur. Dans un râle à l’unisson, je commençais ma longue descente vers les profondeurs de cette inconnue.
C’était chaud, humide et tellement bon. Je n’avais pas eu une petite baise depuis quelques mois et j’avais oublié la sensation de plénitude par ce simple contact.
Je dois l’avouer, je n’avais qu’une vision étroite d’un rapport sexuel. Seuls les films pornographiques me fournissaient une réelle aide… Triste, non ?
Mais après de nombreux coups d’un soir, j’avais réalisé qu’avec mon endurance, je pouvais faire la différence.
Je la maltraitais avec de longs et amples coups de butoir, sentant sa chatte qui s’écartait un peu plus. Dans ma tête Agathe devait sortir de là, l’esprit embué, les jambes arquées et surtout dans la tête, l’image d’un Diddier défourailleur.
Face à ces assauts incessants, elle ne put s’empêcher de crier. De surprise au début, de plaisir par la suite. Sa tête buta doucement contre le miroir. Elle posa sa joue dessus et s’époumona de plus belle. Très vite, elle se mit à l’aise pour se toucher la praline pendant ma séance de sport improvisée. J’arrêtais deux secondes, pour reprendre mon souffle. Elle s’impatientait en agitant son derrière. Elle en redemandait en plus la gourmande.
Deux minutes plus tard, elle était faite. Son souffle se saccada et couina de plus en plus fort. Elle jouit d’un cri long et strident. Déçu par sa rapidité, je n’avais même pas pu la prendre sur les toilettes et encore dans la douche ou la baignoire. Mon esprit avait fait la liste de bons pornos et de bonnes positions à tester.
Je ne me laissais pas abattre. J’étais aussi dedans pour mon plaisir. Libérer de la pression de faire jouir ma partenaire, je pouvais aller plus fort et surtout en profiter. Bourrinant corps et âmes, la mayonnaise monta vite. Mon temps était compté.
Agathe remonta rapidement dans mon estime.
Au moment où j’allais jouir, elle sut se retirer. Elle se saisit de ma bite, s’accroupit en face de mon morceau de chair tendu. Elle balança la capote et goba ma queue comme une sucette. A grand coup de pompage buccale, elle donna de sa personne pour me faire jouir.
Je crachais deux secondes plus tard.
Sans peur, ni dégoût, elle avala sa lampé de protéines comme une grande fille. Elle continua son mouvement de va et viens pour récupérer tout mon nectar. Ses lèvres laissèrent échapper un petit liquide blanc qu’elle captura à la fin.
Elle avala et me montra sa bouche. Vide. Contente d’elle, elle me nettoya la queue comme une bonne élève.
Agathe se releva, son sourire encore plus large. Elle redescendit sa robe sur ces genoux, passa un doigt sur ces lèvres, récupéra la dernière goutte et l’avala. Elle se mit sur la pointe des pieds et m’embrassa du bout des lèvres.
Soufflé, je me penchais et mis ma main en plein milieu du miroir. J’avais besoin de me reprendre après cette baise improvisée.
– Tu me plais bien, toi ! me sourit-elle.
Je m’assis sur les toilettes pour retrouver mes esprits. La bête s’était assoupie. Pour un temps.
Agathe remit sa coiffure en ordre et me regardait avec ces yeux pétillants.
– Tu caches bien ton jeu ! S’électrisa-t-elle. Mon grand Diddier.
– Sauf à celle qui le demande, lui souris-je.
– Je vais surement en redemander alors.
Je remontais mon boxer puis mon jean, la tête plus légère. Les bourses aussi.
Derrière la porte, nos fans nous attendaient. Yvan, Michel et Adam en première loge. Ils me saluèrent et m’applaudirent comme si c’était un exploit, une mission impossible. Je baissais la tête, honteux d’avoir été découvert.
Agathe éclata de rire comme si de rien n’était. Elle se courba pour prendre les applaudissements. Puis, elle remit ses chaussures et gagna le rez-de-chaussée, sans m’attendre.
Mes trois amis me prirent à partie et je ne pus suivre ma belle.
– Et bien voilà ! ça c’est mon Diddi, explosa Adam !
– C’est grâce à moi surtout ! dit Yvan.
– Je le savais, ricana Michel.
Cinq minutes plus tard, après un débrief graveleux avec mes potes, je gagnais le rez-de-chaussée. Agathe n’était plus là.
– Tiens, c’est pour toi, me tendit l’amie d’Agathe. Elle ne pouvait pas rester.
C’était un morceau de papier. Sans aucune autre explication, Agathe m’avait laissé un petit mot rapidement gribouillé avec son numéro de téléphone.
« A très vite mon chou <3»
La soirée était finie dans ma tête. Plus rien n’avait d’importance. Par contre, le lendemain, l’hésitation serait là.
Lundi, c’était les vacances avec Adam et Michel. Deux semaines. Agathe allait-elle m’attendre ou au contraire en profiter ? Son numéro à l’écran, mon pouce était prêt à l’appeler.
Plus tard…la rappeler plus tard.
Très belle introduction 🍑