Foule indistincte. Marche rapide. Pensées en vrac.
La masse grouille et dépouille tout sens à l’humanité.
Fuite en avant par un point fixe et puis l’étincelle de deux globes lumineux.
Perdue dans l’immensité du tout, Elle est là, marchant doucement, nonchalamment droit devant.
Elle traverse le couloir comme une anguille, remontant le long d’une rivière, sans réelle attache à tout ce qui l’entoure.
La tête dans son téléphone, elle se dandine sans retenue, niant l’existence du reste du monde.
Elle est de dos et je contemple ce délice.
A son rythme, elle s’avance faisant des merveilles avec les courbures de cette face souvent oubliée.
Ses cheveux descendent le long de son échancrure, terminant sur ce morceau bien en chair.
Tel un chef d’œuvre musicale, son postérieur m’aguiche. Même couvert, il me harponne. Il me transporte à distance et son appel m’emplit la tête d’une douce mélodie.
Deux merveilles qui oscillent tel un métronome dictant son rythme. D’un plaisir à un autre.
Tic, fesse droite.
Tac, fesse gauche.
Tout s’enchaine. Tout se déchaîne.
Pour ralentir finalement.
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Intermède.
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Je colle et m’accule à cette belle face détournée.
Sa tête se lève et regarde le panneau…en face.
Tel un mélomane face à sa symphonie, je compose mon harmonie. Une jambe après l’autre, j’écoute la mélodie de ses notes fruitées.
J’innove sur cette portée, hors de portée.
Juste à deux mesures…une mesure et quelques temps… Son odeur m’atteint et me tend la croche.
Je m’approche tel un Mozart vers son œuvre. La peur d’être sourd me saisit. Ma main voulait la toucher. Voulait se saisir de ce bonheur bien charnu, bien dodu.
Le désir ardent m’attrape la volonté. Le crochet tendu vers cette descente de note sans fond. Mon vœu pieux de rester sage s’embrouille et s’emballe.
Le désir d’être ce mur m’attrape pour pouvoir pénétrer ses yeux. Bien en profondeur pour y discerner tout ce que son dos cache.
Je le jalouse et m’en extrait pour me retrouver avec ma peur d’aller de l’avant. Juste un coup bien sentit et elle serait à moi. Rien qu’à moi.
Coup d’épaule, le fil perdu de ce sursaut d’orgueil masculine. Mon membre se détend et retrouve sa place bien sagement.
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Reprise
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Elle a choisis son chemin, avec un nouveau refrain.
Son dos est tout à moi, je le suis à la trace. Qu’importe la destination. Elle sera mienne.
L’accroche à nouveau de ces belles notes. Le désir sans défaut d’arriver à la fin de ce beau morceau.
Finis la nonchalance, l’effort s’intensifie. Ces fesses s’agitent comme un crescendo d’un concerto.
Elle est dans son monde et moi dans le bas de ses reins. J’écoute la musique de son derrière pour mieux m’y enfiler.
Je m’y perds. Je m’y frotte. Je m’y pique.
Je m’imagine. Dedans. En entier. De tout mon être bien trop fourbu d’hormones. Ce dos est là juste pour un simple coup de queues.
Elle est de dos et je l’encule.
Je m’y enfonce, écartant…dé…li…ca…te…ment…ce cul… J’agrippe cette tignasse pour mieux m’y enfoncer.
Le doux son de son envie me murmure aux creux des oreilles. Elle en veut. Plus rapide. Plus fort. Plus cacophonique au-delà des sens.
J’accélère. Et je la desserre. Elle me prend les hanches. Elle me veut encore. Plus. Fort.
Léger écart. Des groupies me coupent de ce délice.
Je sors. De ce cul. De ce fantasme. Frustrée de cette comptine trop vite envolée.
Elle court, ses deux hémisphères qui se cognent l’une à l’autre encore plus rapidement.
Je joue des coudes dans cette houle bien trop dense.
Grandes enjambées, les portes se ferment.
Elle dedans. Moi dehors.
Elle de dos. Moi de face.
Mon envie hors de cette portée.
Le métro part.